Emma De Caunes : "Mon père me fait poiler"

Emma de Caunes avec Placebo sur le plateau de La Musicale [Canal+]

Elle fait pétiller «La Musicale» sur Canal+. Emma de Caunes, qui reçoit ce soir Placebo, mesure sa chance d’animer l’une des seules émissions de musique live du PAF. Le show crée l’engouement depuis près de dix ans par sa programmation de choix et son ambiance unique de concert.

 

Qu’est ce qui fait le succès de «La musicale» ?

Si seulement je le savais... Je dirais qu’il y a toujours eu un côté précurseur à Canal+. Il y a pas mal de groupes aujourd’hui célèbres qui y ont fait leur première télé. Et les musiciens sont contents de venir faire l’émission parce qu’ils sont dans un environnement qui leur fait oublier les caméras.

 

La musique a du mal à s’imposer à la télé…

Ça a toujours été le cas, je suis bien placée pour le savoir avec mon père (Antoine de Caunes a présenté «Les Enfants du Rock» entre 1982 et 1988 et «Chorus» de 1978 à 1981, ndlr). C’était déjà des émissions placées à 3h du matin ou alors le dimanche à 12h. On sait que la musique n’a jamais fait d’audience à la télévision, c’est comme ça.

Je me sens chanceuse de pouvoir continuer, sachant que partout ailleurs ça se casse pas mal la figure (ndlr, Taratata et One Shot Not ont disparu de l’antenne).

 

Programmateur à l’ouïe fine Stéphane Saunier choisit-il les invités avec vous ?

En général, c’est lui qui décide mais il se trouve qu’on a plutôt les mêmes goûts. On a récemment reçu Queen of the Stone Age, les Arctic Monkeys, Frank Ferdinand… Et ce dès la sortie de leur album, ce qui donne une impression de primeur vraiment agréable. Donc moi je suis ravie.

 

Ce soir, vous recevez Placebo…

Ça faisait longtemps qu’on ne les avait pas vus avec un album qui avait autant la pêche (Loud Like Love, ndlr). Ils étaient heureux de venir le défendre chez nous, c’était un chouette moment.

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L’émission est-elle plutôt rock ou ouverte à tous les styles ?

Bien sûr c’est ouvert à tous les styles. C’est vrai que la rentrée a été particulièrement rock mais il n’y a pas de ségrégation. Ce n’est pas dans ces termes-là qu’on choisit les invités. Maintenant il y a aussi le milieu du disque en crise, les maisons de disques qui n’ont plus d’argent ou en tout cas qui ne veulent plus en dépenser pour faire venir les artistes... Nous on fait aussi, un peu, avec les artistes qui sont de passage à Paris. On ne peut pas vraiment faire venir des groupes juste pour l’émission.

 

Est-ce que l’émission a beaucoup évolué depuis son démarrage ?

Auparavant, on faisait une émission avec plus d’invités et qui était plus rare. On ne faisait que quatre numéros par an avec beaucoup de spéciales (Iggy pop, Gorillaz, une spéciale « Cabaret »… )

Maintenant c’est un autre axe, c’est vraiment un seul groupe, un seul concert qui est filmé sur une heure - une heure et quart -  avec une fréquence plus intéressante puisqu’on en fait sept ou huit dans l’année. Avec cette formule, j’ai une demie heure d’interview avec le groupe en tête à tête à la fin, donc ce sont des interviews qui peuvent être plus profondes. C’est toujours plus intéressant que quelques minutes entre deux morceaux.

 

Pouvez-vous me citer quelques moments forts ?

Il y en a en a pleins ! Je me rappelle d’Eminem, d’Amy Winehouse, des Strokes, Christophe… Récemment on a fait un petit tour d’horizon de tous les gens qui sont passés par notre plateau depuis presque de 10 ans et il y en a tellement !

J’ai un souvenir génial, c’est quand j’ai chanté avec Iggy Pop, une reprise de « You’re the boss » d’Elvis Presley que j’adore. Je lui avais soumis l’idée et il avait accepté de chanter avec moi, j’étais comme une dingue, c’était un grand moment je dois avouer – c’est mon moment à moi (rires).

Il y a aussi eu Robbie Williams. On a dansé sur Elvis - il y a toujours Elvis dans les parages vous remarquerez (rires) – Il y a eu Neneh Cherry, Cassius...

A chaque fois c’est toujours des rencontres, des moments un peu rares. Je me souviens aussi de Lana Del Rey qui faisait sa première télé avec nous, qui était toute fragile et toute timide. J’ai hâte de voir une compilation de  nos meilleurs moments parce que je sais que j’en oublie là…

 

Avez-vous encontré votre mari (le dessinateur britannique Jamie Hewlett, créateur de l’univers graphique de Gorillaz dont il est aussi le bassiste studio) sur le plateau ou  le connaissiez-vous déjà avant ?

Je l’ai rencontré au concert de Gorillaz quelques jours avant qu’il ne vienne faire La Musicale… Donc vous voyez je n’ai que de bons souvenirs (rires) et j’aurais dû dire ça en premier ! (rires).

 

Vous êtes par ailleurs actrice, n’avez-vous jamais eu envie de privilégier plus une carrière que l’autre ?

Je ne vois pas pourquoi je devrais être plus l’un que l’autre. L’un n’empêche pas l’autre. Pour moi c’est un vrai confort.

En fait j’ai commencé très jeune à faire du cinéma, j’avais 17 ans. Il y a eu des moments où je n'étais pas très excitée par ce qu’on me proposait, ou j’avais l’impression que j’étais toujours dans le même genre de personnage, que je tournais en rond...  C’est à peu près à ce moment-là qu’on m’a proposé La Musicale. La musique c’est une passion que j’ai toujours eu.

Donc j’ai pu naviguer entre les deux, sans avoir l’angoisse de ne pas trouver de rôles qui me plaisent et en faisant autre chose que j’adore tout autant.

J’adore mon métier et je continue à jouer au cinéma et dans des pièces de théâtre autant que possible. Là je viens de finir de tourner un film d’Olivier Jahan en Bretagne (Ker Salloux) pendant un peu plus d’un mois, et je me suis totalement éclatée, j’adore ça !

 

Quels sont vos autres autres projets à venir ?

Il y a un film qui passera sur France 2 en janvier qui s’appelle Lanester (ndlr, de Frank Mancuso), un film avec Richard Berry. Et je suis en train d’écrire mon film à moi… Tout ça, ça nous occupe (rires).

 

Votre frère Louis est aussi accro que vous à la musique et commence à se faire un nom dans la réalisation...

Il fait pas mal de clips de musique et je pense qu’un jour il passera aux longs métrages, en tout cas il a beaucoup de talent. Il a vécu à New York pendant 5 ans, là il est de retour à Paris. Je suis très fière de mon petit frère ! (rires)

 

Qu’avez-vous pensé du retour à la télé de votre père au Grand Journal de Canal+ ?

C’est un exercice qu’il maîtrise assez bien, et je pense que ça l’excitait pas mal. J’avoue que je ne suis pas très objective parce que je suis sa fille, mais moi il me fait poiler et je trouve surtout qu’il amène un truc très entertainment, à l’américaine.

Autant dans la première partie il peut être très sérieux avec des sujets politiques et des débats un peu enflammés qui sont au cœur de l’actu, autant il peut se retrouver couvert de je ne sais quelle mixture louche en seconde partie (rires) et de faire le couillon avec des comédiens et des artistes en tout genre.

Je trouve que le pari est réussi et je pense qu’il trouve ses marques et c’est tout ce qui m’importe.

 

Est-ce que vous faites des débriefings de vos émissions respectives pendant les diners familiaux ?

Heureusement que nous n'avons pas que ça à se dire ! (rires). Mais forcément comme n’importe quelle famille on se parle un peu de ce qu’on fait, de nos métiers, de nos interrogations, de nos envies, de nos petites victoires… Bien sûr on partage ça, mais pas que !

 

La Musicale, Canal+, 5 décembre, 23h20.

 

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