Le secrétaire américain à la Défense est inquiet

Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a admis mercredi que les affaires de Corans brûlés et de tuerie de civils par les soldats américains étaient "profondément inquiétantes", lors d'une visite en Afghanistan où deux attentats ont fait neuf morts[AFP]

Le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta a admis mercredi que les affaires de Corans brûlés et de tuerie de civils par les soldats américains étaient "profondément inquiétantes", lors d'une visite en Afghanistan où deux attentats ont fait neuf morts.

M. Panetta, arrivé dans la matinée pour une visite de deux jours, a toutefois estimé que ces revers ne détourneraient pas les Américains de leur mission de vaincre la rébellion des talibans et leurs alliés d'Al-Qaïda.

Le secrétaire américain à la Défense a entamé sa visite dans la matinée à Camp Bastion, une base militaire de la province du Helmand, voisine de celle de Kandahar où un soldat américain a tué dimanche , l'affaire la plus grave impliquant un soldat américain en Afghanistan en dix ans de conflit.

M. Panetta a d'abord rencontré des chefs de tribus de la région, qu'il s'est efforcé de rassurer après le massacre de dimanche, décrit par Washington comme l'acte d'un homme isolé. Ces discussions, "excellentes" selon le porte-parole du Pentagone George Little, ont toutefois été éclipsées par un attentat sur une route du Helmand qui a tué neuf civils, selon les autorités locales.

"Le secrétaire Panetta leur a dit que les Etats-Unis restent concentrés sur leur mission et que les événements récents ne nous dissuaderont pas de la mener à bien", a ajouté M. Little.

M. Panetta s'est ensuite adressé aux troupes américaines sur la base proche de Camp Leatherneck où, signe de la nervosité ambiante, les soldats américains venus l'écouter avaient été priés de laisser leurs armes à l'entrée, alors qu'ils les gardent habituellement face au secrétaire à la Défense.

Il a d'abord évoqué l'incinération de Corans dans une base américaine fin février, qui a provoqué une vague de manifestations anti américaines meurtrières dans le pays (plus de 40 morts) et le massacre de dimanche.

"Chacun de ces événements est profondément inquiétant", a jugé le chef du Pentagone. Mais "nous n'allons pas laisser des actes individuels saper notre détermination" dans la guerre de la force internationale emmenée par les Etats-Unis contre les insurgés talibans, a-t-il poursuivi.

"Nous serons mis à l'épreuve, défiés par l'ennemi, par nous mêmes et par l'enfer qui caractérise chaque guerre" mais, "grâce à vos efforts, notre stratégie paye", a-t-il ajouté.

Il est ensuite parti pour Kaboul, où il doit notamment rencontrer jeudi le président Hamid Karzaï, avec là aussi l'objectif de rassurer, la tuerie de dimanche ayant marqué une nouvelle escalade dans les tensions entre les Etats-Unis, qui dirigent la force de l'Otan en Afghanistan (Isaf), et le fragile gouvernement de Kaboul qu'elle porte à bout de bras.

Elle complique, avec les autres scandales récents, les négociations, déjà difficiles, en cours entre Washington et Kaboul sur les modalités de la présence américaine en Afghanistan après 2014, date à laquelle l'Isaf prévoit d'avoir retiré toutes ses troupes de combat du pays.

A la mi-journée, un attentat à la moto piégée a fait au moins un mort et deux blessés, tous membres des services de renseignement afghans, à Kandahar, capitale de la province du même nom, selon les autorités locales.

La ville se trouve à quelques dizaines de kilomètres de Panjwayi, lieu du massacre de dimanche que les rebelles talibans, qui combattent le gouvernement de Kaboul et ses alliés occidentaux depuis dix ans, ont juré de venger.

L'absence de victoire militaire probante face aux talibans et la multiplication des incidents récemment ont conduit certains dirigeants occidentaux à évoquer la possibilité d'un retrait militaire anticipé.

Les Etats-Unis prévoient depuis l'an dernier de réduire leur contingent de 90.000 soldats à 68.000 d'ici la fin septembre, et de retirer le reste progressivement d'ici la fin 2014. Mardi, le président Barack Obama a mis en garde contre tout retrait "précipité" des troupes d'Afghanistan. Mercredi, la presse américaine a toutefois indiqué que l'accélération de ce processus était une des options en discussion à Washington.

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