Appels au calme avant le second tour

Des appels au calme et à la transparence ont été lancés à la veille du second tour de la présidentielle de dimanche au Sénégal entre le chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade et son ex-Premier ministre Macky Sall, favori après avoir reçu le soutien de l'ensemble de l'opposition.[AFP]

Des appels au calme et à la transparence ont été lancés à la veille du second tour de la présidentielle de dimanche au Sénégal entre le chef de l'Etat sortant Abdoulaye Wade et son ex-Premier ministre Macky Sall, favori après avoir reçu le soutien de l'ensemble de l'opposition.

La campagne pour ce second tour a donné lieu à quelques incidents violents entre partisans des deux candidats, sans commune mesure toutefois avec les violences ayant précédé le premier tour du 26 février qui avaient fait de six à quinze morts et au moins 150 blessés.

"Les violences enregistrées durant la campagne électorale du second tour sont des alertes qu'il ne faut pas minimiser", a affirmé à la presse Doudou Ndir, président de la Commission électorale nationale autonome (Céna).

D'où la nécessité selon lui de faire preuve "de la plus grande fermeté à l'égard de toute menace à l'ordre public qui surviendrait" dimanche.

Il a précisé que quelque 18.000 membres de la Céna seront déployés dans tout le pays pour veiller à ce que le scrutin se tienne dans des conditions de sécurité et de transparence, comme ce fut le cas au premier tour qui s'était déroulé dans le calme, malgré les violences pré-électorales.

Le président de la Céna a en outre invité "les deux camps à s'abstenir de faire une quelconque déclaration prématurée sur les résultats".

L'ancien président nigérian, Olusegun Obasanjo, chef de la mission des observateurs de l'Union africaine (UA) et de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a rencontré tous les acteurs impliqués dans le processus électoral, dont Macky Sall.

Selon ses services, il a insisté auprès d'eux "pour qu'ils préservent la tradition et l'héritage démocratiques du Sénégal".

Ce pays est souvent cité comme l'un des rares exemples de démocratie en Afrique, en particulier en Afrique de l'Ouest régulièrement secouée par des violences politico-militaires, comme en témoigne le coup d'Etat qui a renversé jeudi au Mali voisin le président Amadou Toumani Touré.

"Défaite inévitable"

Le chef des observateurs de l'Union européenne (UE), Thijs Berman, a appelé "au respect des règles démocratiques", car "la violence ne sert à rien".

Au total, quelque 300 observateurs étrangers, Africains et Européens, vont surveiller le vote, ce qui n'a pas empêché Macky Sall d'appeler "à la vigilance" par crainte de fraudes organisées par son adversaire qu'il soupçonne de vouloir passer en force.

"La défaite du président Wade est inévitable, nous n'accepterons pas qu'il confisque les suffrages des Sénégalais", a-t-il déclaré vendredi au cours de son dernier meeting en banlieue de Dakar, entouré de plusieurs des douze candidats d'opposition battus au premier tour qui lui ont apporté leur soutien.

Lors de sa dernière tournée dans les quartiers de Dakar le même jour, Abdoulaye Wade, 85 ans, au pouvoir depuis 2000, a de son côté affirmé que "l'élection sera transparente et exemplaire".

Le président sortant est arrivé en tête du premier tour avec 34,81% des voix, suivi de Macky Sall (26,58%).

Mais M. Sall, 50 ans, a très vite obtenu le ralliement de tous les autres candidats éliminés qui ont appelé à voter pour lui afin de barrer la route au sortant dont ils ont jugé la candidature "anticonstitutionnelle après deux mandats.

Macky Sall a également enregistré le soutien de nombreuses organisations de la société civile, de mouvements de jeunes comme "Y'en a marre", de personnalités telles que le célèbre chanteur populaire Youssou Ndour dont la candidature à la présidentielle avait été rejetée par le Conseil constitutionnel.

Sur le papier, si les appels à voter pour lui sont suivis, il peut l'emporter avec environ 60% des voix.

M. Wade compte sur les abstentionnistes du premier tour (48,42%) qui avaient "eu peur de sortir" après des violences, mais sont "nos militants et sympathisants". Il a affirmé qu'il lui fallait encore "trois ans" pour achever ses "projets", alors que le nouveau mandat présidentiel est de sept ans.

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