Hong Kong: Leung Chun-ying élu à la tête de l'exécutif

Leung Chun-ying, un self-made man réputé proche de Pékin, a été élu dimanche à la tête de l'exécutif de Hong Kong face à l'ancien numéro deux du gouvernement, Henry Tang, à l'issue d'un scrutin sans grand enjeu dénoncé par des milliers de manifestants pro-démocratie.[AFP]

Leung Chun-ying, un self-made man réputé proche de Pékin, a été élu dimanche à la tête de l'exécutif de Hong Kong face à l'ancien numéro deux du gouvernement, Henry Tang, à l'issue d'un scrutin sans grand enjeu dénoncé par des milliers de manifestants pro-démocratie.

Le nom du vainqueur mis à part, cette élection au suffrage indirect était sans suspense, le chef de l'exécutif local étant nécessairement choisi sur sa capacité à ménager à la fois les autorités chinoises et les milieux d'affaires du territoire autonome.

A cette aune, Leung Chun-ying, 57 ans, présentait un profil idéal: ancien secrétaire général du gouvernement hongkongais, ce fils de policier formé au Royaume-Uni dirige un cabinet d'expertise foncière et conseille plusieurs provinces chinoises sur la réforme agraire.

Il succèdera en juin à Donald Tsang pour devenir le quatrième chef de l'exécutif local depuis la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni en 1997.

Leung a été désigné avec une majorité de 57,4% des suffrages par un collège de 1.200 grands électeurs représentant l'élite locale, dont Li Ka-shing, l'homme le plus riche d'Asie.

Son rival, Henry Tang, 59 ans, ancien numéro deux de l'exécutif Hongkongais, a recueilli 23,75% des voix et le candidat pro-démocratie, Albert Ho, dont la candidature était purement symbolique, 6,3%.

Des milliers de personnes s'étaient rassemblées aux abords du Centre des congrès de Hong Kong où se tenait le scrutin pour réclamer la démocratie et le suffrage universel direct. La foule bruyante s'est fait entendre jusque dans la salle où était organisée le vote aux cris de "Ne votez pas, ne votez pas"!.

"Je ferais de mon mieux pour que les gens n'aient plus d'avis négatif sur cette élection", a affirmé Leung Chun-ying.

Henry Tang, héritier d'un empire du textile, était perçu comme l'homme de Pékin jusqu'à une série de faux pas qui lui ont valu de dégringoler dans les enquêtes d'opinion et d'être lâché par ses soutiens chinois.

L'homme a d'abord dû s'amender publiquement et reconnaître, tête basse, des infidélités conjugales. Puis il a été sommé de s'expliquer sur des travaux réalisés sans permis dans l'une de ses résidences cossues et qu'il a mis sur le dos de sa femme.

Pékin s'était bien gardé d'intervenir de front dans la campagne. Mais le Premier ministre Wen Jiabao avait fait subtilement connaître, quelques jours avant l'élection, sa préférence pour un candidat recueillant l'adhésion "d'une vaste majorité" des sept millions de Hongkongais.

Une sentence qui sonnait le glas pour Tang et les matines pour Leung, d'autant que ce dernier bénéficierait du soutien des réformateurs chinois menés par le président Hu Jintao, à la lutte avec les conservateurs pour les postes clés avant le XVIIIe Congrès du Parti communiste dans quelques mois.

Région administrative spéciale (RAS), Hong Kong bénéficie en principe d'un large statut d'autonomie en vertu du modèle "un pays, deux systèmes". Ses habitants jouissent d'une liberté de parole inconnue sur le continent mais Pékin garde la haute main sur la politique locale.

A Pékin, on laisse entendre que le suffrage universel direct pour l'élection du chef de l'exécutif pourrait intervenir au plus tôt en 2017 et en 2020 pour le parlement local. Mais on parlait déjà du suffrage universel en 2007, pour 2012...

Une élection populaire officieuse organisée en ligne par l'université de Hong Kong a attiré plus de 220.000 personnes, dont 54% ont voté blanc.

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