Syrie: Kofi Annan est à Pékin

Kofi Annan le 16 mars à Genève. [PHILIPPE MERLE/AFP]

Kofi Annan, à qui l'ONU et la Ligue arabe ont confié la mission de mettre fin au bain de sang en Syrie, est attendu mardi en Chine pour évaluer dans quelle mesure celle-ci est prête à faire pression sur le régime de Damas.

M. Annan arrive à Pékin juste après s'être rendu à Moscou, l'autre poids lourd accusé par les pays occidentaux de soutenir le président Bachar al-Assad, responsable d'une sanglante répression du soulèvement populaire contre son régime.

Le président russe Dmitri Medvedev a jugé que les propositions en six points de Kofi Annan pour la Syrie étaient "la dernière chance" pour y éviter une "guerre civile prolongée" et a promis à l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe de lui apporter "toute l'aide" possible.

Le président américain Barack Obama a aussi exprimé son appui aux efforts de Kofi Annan. La Chine de son côté n'a eu de cesse de répéter ces derniers jours qu'elle aussi soutenait la mission de M. Annan.

C'est donc au-delà de cette position de principe -- et alors que les violences continuent à faire rage en Syrie -- que M. Annan devra obtenir quelque chose de Pékin, qui continue à rejeter toute hypothèse d'intervention étrangère en Syrie.

"Annan va probablement mieux saisir jusqu'où les Chinois sont prêts à soutenir (son plan)", a commenté Joshua Eisenman, de l'American Foreign Policy Council (Washington). "Il va sentir ce que les Chinois pourraient accepter et ce qu'ils n'accepteront pas", a-t-il ajouté.

La Russie et la Chine, fidèles alliés de Damas, ont bloqué deux résolutions du Conseil de sécurité de l'ONU condamnant la répression en Syrie qui a fait plus de 9.100 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Mais Moscou et Pékin ont voté une déclaration (forme moins contraignante que la résolution) à l'ONU appelant à la fin des violences, exhortant Bachar al-Assad et ses opposants à "appliquer immédiatement" le plan Annan. Ce plan prévoit notamment un arrêt des violences par toutes les parties, l'acheminement de l'aide humanitaire et la libération de toutes les personnes détenues arbitrairement.

M. Annan a annoncé lundi, par son porte-parole, avoir reçu une nouvelle réponse syrienne à ses proposition pour régler la crise, et a promis une réponse "très prochaine", sans autres précisions.

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