Nouveau cas de suspect torturé à mort par la police

Deux policiers russes ont été arrêtés dans la région de Kemerovo (Sibérie) pour avoir torturé à mort un suspect, a annoncé mercredi le comité d'enquête de Russie, alors que les révélations sur les violences policières se multiplient depuis début mars dans le pays[AFP/Archives]

Deux policiers russes ont été arrêtés dans la région de Kemerovo (Sibérie) pour avoir torturé à mort un suspect, a annoncé mercredi le comité d'enquête de Russie, alors que les révélations sur les violences policières se multiplient depuis début mars dans le pays.

Deux policiers et l'un de leurs amis sont accusés d'avoir torturé à mort en décembre dernier un homme de 25 ans afin de lui faire avouer des crimes, selon un communiqué du comité.

"L'enquête a établi que les policiers, qui cherchaient à établir que le jeune homme avait participé à des crimes, l'ont illégalement amené dans un garage privé", explique cette source.

"Les policiers ont alors fait participer à cet interrogatoire illégal un ami avec qui ils ont obtenu des aveux en torturant et en frappant" la victime, explique encore le communiqué.

"L'homme est décédé en raison des coups qu'il a reçu, et les policiers, voulant camoufler leur crime, ont abandonné le corps au bord d'une route", raconte le comité d'enquête.

Les deux policiers ont été inculpés d'"abus de pouvoir avec recours à des violences aux conséquences graves" et leur ami est poursuivi pour "meurtre".

Les révélations et scandales sur des violences policières et des actes de torture commis par les forces de l'ordre se multiplient depuis début mars, après la mort au Tatarstan (centre) d'un homme, violé à l'aide d'une bouteille de champagne dans un commissariat.

Les autorités russes, qui ont longtemps assuré que ce type d'abus étaient des cas "isolés", ont depuis reconnu que les violences policières étaient courantes.

Le comité d'enquête, accusé d'avoir couvert des policiers, a annoncé mardi le passage en revue de toutes les plaintes déposées par le passé accusant la police de violences.

Par ailleurs, le chef du comité, Alexandre Bastrykine, a annoncé mercredi dans un communiqué avoir demandé à ses services d'examiner la nécessité de créer une unité spéciale chargée d'enquêter sur les dérives de la police.

Selon les ONG, le recours aux violences est très répandu dans la police, notamment car les agents ont recours à la torture pour atteindre des objectifs fixés par leurs chefs sur le nombre de crimes et délits à élucider chaque année. Les policiers obtiennent sur cette base des primes et promotions.

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