Les combats inter-tribaux font rage

Smoke rises from a road in the district of Gardah in the southern Libyan town of Sabha on March 29, 2012 as fresh clashes between the Toubou tribe and Arab tribesmen from Sabah broke out. The Toubou, who are black oasis farmers by tradition, say they are defending themselves against attack by Arab tribesmen in the region, and have accused the Libyan authorities of backing those gunmen as part of a campaign of "ethnic cleansing." AFP PHOTO / STR[AFP]

Les combats entre tribus rivales faisaient rage samedi à Sebha, dans le sud libyen, avec près de 100 morts et des dizaines de blessés en six jours, les autorités tentant sans succès d'imposer une trêve.

Au moins 16 personnes ont été tuées samedi dans les affrontements opposant les Toubous à des tribus arabes, selon un décompte de l'AFP établi à partir de sources locales et médicales. Ils s'ajoutent aux 70 morts et 150 blessés dont avait fait état le gouvernement dans un bilan arrêté mercredi soir.

Les combats continuent malgré l'envoi par les autorités de forces depuis le nord du pays pour tenter d'imposer une trêve.

"Nous n'avons pas dormi depuis hier (vendredi) soir. Les Toubous ont attaqué Sebha à partir de 03H00. Ils ont failli prendre la ville. Tous les habitants ont pris les armes pour se défendre", a indiqué à l'AFP le médecin Abdelrahman Al-Arich, faisant état de huit morts et 50 blessés parmi les tribus arabes.

Adem Al-Tebbaoui, un responsable local des Toubous, a déploré huit morts.

"Nous avons respecté une trêve et nous voulons la réconciliation mais les autres tribus, notamment Awled Suleiman, ne cessent de nous attaquer. Nous sommes privés d'eau et d'électricité", a ajouté M. Al-Tebbaoui.

Selon des sources concordantes, des combattants des Toubous qui avaient été repoussés ces derniers jours de plusieurs kilomètres vers le sud de Sebha, ont mené avant l'aube une contre-offensive, tentant d'entrer dans la ville.

Les Toubous sont accusés par les autres tribus de compter dans leurs rangs des combattants étrangers venus notamment du Tchad limitrophe.

Mais selon M. Al-Tebbaoui, "les tribus arabes arrêtent des immigrants africains qui travaillent dans la ville et les présentent à la presse comme des combattants Toubous venus de l'étranger".

Vendredi, le dirigeant des Toubous en Libye, Issa Abdelmajid Mansour, a appelé les Nations unies et l'Union européenne à intervenir pour arrêter ce qu'il qualifie de "nettoyage ethnique des Toubous".

"Nous demandons à l'ONU et à l'Union européenne d'intervenir pour faire cesser le nettoyage ethnique des Toubous", a déclaré cet ex-opposant au régime déchu de Mouammar Kadhafi, qui avait brandi récemment la menace séparatiste.

M. Mansour a accusé les tribus arabes de Sebha d'avoir bombardé une centrale électrique alimentant plusieurs régions du sud, comme Qatroun et Morzouk, considérées comme des fiefs des Toubous. Les télécommunications ont été également coupées, a-t-il ajouté.

Les Toubous accusent les autorités de soutenir les tribus arabes, tandis que celles-ci dénoncent la "passivité" et l'"inaction" du gouvernement, face à une "invasion étrangère", en l'absence d'une armée nationale organisée capable d'imposer l'ordre.

Les Toubous, à la peau noire, qui vivent à cheval sur la Libye, le nord du Tchad et du Niger, sont impliqués depuis février dans des affrontements meurtriers avec des tribus locales du Sud notamment à Koufra et Sebha.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, les nouvelles autorités peinent à contrôler les dizaines de brigades d'ex-rebelles ayant combattu les Kadhafistes, qui continuent de faire la loi dans le pays.

Plusieurs tribus et habitants de plusieurs régions se sont servis dans l'arsenal militaire hérité de Mouammar Kadhafi, et n'hésitent pas à recourir aux armes au moindre conflit d'intérêts.

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