Oakland : pourquoi les universités sont-elles visées ?

Campus Oakland Une fois de plus un campus a été pris pour cible aux Etats-Unis.[JED JACOBSON GETTY IMAGES / AFP
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La fusillade qui a fait sept victimes lundi sur un campus américain est la dernière d’une série inquiétante, ce qui pose beaucoup de questions.

Campus déserté, police omniprésente… Les images de la fusillade qui a fait sept morts lundi dans une université chrétienne d’Oikos (Californie) ont un triste air de déjà-vu. Mais personne ne parvient à s’expliquer cette nouvelle tragédie, la plus meurtrière de ce genre depuis 2007. «Mettez-vous en ligne, je vais tous vous tuer», aurait simplement hurlé le tueur présumé, One Goh, ancien élève de 43 ans, de nationalité sud-coréenne, avant d’abattre ses cibles. L’homme, qui s’est rendu peu après, n’aurait notamment pas supporté que certains se moquent de son anglais.

«Des crimes d’imitation»

Cette tragédie s’ajoute à une longue liste de massacres depuis Columbine en 1999 (15 morts). Et le phénomène semble en recrudescence : en février dernier, un élève de 17 ans avait tué trois de ses camarades dans l’Ohio ; en décembre, deux personnes avaient été tuées sur le campus de Virginia Tech, déjà théâtre de l’horreur en 2007 (33 morts). «Si les serial killers ont un profil unique, ces tueries de masse sont, elles, des crimes d’imitation», leurs auteurs reproduisant les images qu’ils ont vues de Columbine par exemple, explique le spécialiste Stéphane Bourgoin.

Pour Adam Winkler, professeur de droit constitutionnel à l’université de Californie à Los Angeles (Ucla), ces tueurs «s’en prennent aux écoles parce que les élèves sont vulnérables. Dans la plupart des cas, les tueurs sont eux-mêmes étudiants et leur colère est dirigée contre des institutions et des personnes avec qui ils sont en contact». Une étude (Safe School Initiative) des services secrets a montré que ces tueurs avaient eu le sentiment d’être harcelés ou rabaissés à l’école.

L’accès aux armes en question

Pour beaucoup, l’accès aux armes aux Etats-Unis est une autre explication de ces tragédies. La législation varie selon les Etats : certains n’interdisent pas la vente aux mineurs, certains prévoient un entraînement avant d’autoriser l’achat ou l’inscription sur un registre… Mais Adam Winkler rappelle que même si «les armes sont en général interdites sur les campus, cela n’empêche pas d’en porter une, puisqu’on ne fouille pas les étudiants».

L’attachement des Américains à leur fusil est le fruit d’une longue histoire. Il est inscrit dans la Constitution (le fameux 2e amendement) et ancré dans la société. La National Rifle Association (NRA), le puissant lobby mili­tant pour le droit au port d’armes, compte plus de quatre millions de membres. Et pour le professeur de l’Ucla, «si la fusillade contre un membre du Congrès l’an dernier [à Tucson] n’a pas mené à un meilleur contrôle des armes, cette fusillade ne le fera pas non plus».

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