Pourparlers de paix entre régime birman et rebelles karen

Des responsables birmans et des rebelles de la minorité ethnique des Karen se sont réunis à Rangoun pour négocier de la mise en oeuvre du cessez-le-feu signé en janvier dans un des plus vieux conflits du monde[AFP]

Des responsables birmans et des rebelles de la minorité ethnique des Karen se sont réunis à Rangoun pour négocier de la mise en oeuvre du cessez-le-feu signé en janvier dans un des plus vieux conflits du monde, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des délégués des branches armée et politique de l'Union nationale karen (KNU), l'un des groupes rebelles les plus puissants du pays, ont fait le déplacement dans la capitale économique du pays pour consolider une paix encore fragile. Cette guerre civile dure depuis 1949.

Des discussions préliminaires à Hpa-an, capitale de l'Etat Karen (est), avaient déjà permis d'aborder les termes d'un code de conduite pour les troupes sur le terrain.

"Nous voulons la paix. Eux aussi la veulent. Donc ce sera un succès", a assuré Khin Yi, ministre de l'Immigration, un des trois représentants du gouvernement à assister aux pourparlers.

Les autorités considèrent la KNU - dont la direction est installée en Thaïlande - comme illégale. Mais un cessez-le-feu a été signé en janvier, dans le cadre d'une série d'accords censés mettre fin, par la négociation, à tous les foyers de guerre civile dans le pays.

De nombreuses minorités - un tiers des 60 millions de Birmans n'ont en effet jamais pacifié leurs rapports avec le pouvoir depuis l'indépendance en 1948.

Le dossier est considéré comme l'un des plus importants pour la Birmanie, dirigée depuis la dissolution de la junte en mars 2011 par un gouvernement d'anciens militaires réformateurs.

Cette équipe a multiplié les mesures spectaculaires, jusqu'aux élections partielles du 1er avril, qui ont permis à l'ex-prisonnière politique Aung San Suu Kyi d'être élue députée.

Les délégués Karens doivent d'ailleurs rencontrer dimanche la lauréate du prix Nobel de la paix, pour son premier entretien formel post-électoral.

La KNU veut mesurer "l'attitude et l'engagement" de Suu Kyi dans les efforts de réconciliation, a indiqué la porte-parole de l'organisation May Oo Mutraw, saluant "la foi, les sacrifices et le rôle moteur" de l'opposante.

En parallèle aux efforts de paix du gouvernement, de violents combats se poursuivent depuis juin en Etat Kachin (extrême-nord), où des organisations de défense des droits de l'Homme affirment que les exactions se poursuivent contre les civils.

Les partielles y ont même été annulées dans trois circonscriptions.

"Il est facile de déclarer la guerre mais compliqué de bâtir la paix", a relevé May Oo Mutraw, en soulignant que la KNU pressait le régime de Naypyidaw de mettre fin au conflit avec les Kachins.

Vous aimerez aussi

Etats-Unis Amal Clooney appelle Aung San Suu Kyi à gracier les journalistes de Reuters
La cheffe de l'ONU pour les droits de l'Homme Michelle Bachelet à Genève le 3 septembre 2018  [Fabrice COFFRINI / POOL/AFP]
Liberté de la presse Birmanie : l'ONU demande la libération «immédiate» des journalistes de Reuters 
La police birmane emmène les deux journalistes de Reuters après leur condamnation à sept ans de prison pour atteinte au secret d'Etat, sous les yeux de la presse, à Rangoun le 3 septembre 2018 [Ye Aung THU / AFP]
Justice Birmanie : deux journalistes condamnés à 7 ans de prison

Ailleurs sur le web

Derniers articles