L'ex dictateur argentin condamné à 50 ans de prison pour vol de bébés

Au tribubal de Buenos Aires le 5 juillet 2012. [JUAN MABROMATA / AFP]

L'ancien dictateur argentin Jorge Videla (1976-1981) a été condamné jeudi à Buenos Aires à 50 ans de prison pour vols de bébés d'opposants sous la dictature (1976-1983), et un de ses co-accusés, Reynaldo Bignone, au pouvoir en 1982-1983, à 15 ans, a annoncé le tribunal.

Le tribunal a décidé de "condamner l'ex général Jorge Videla (86 ans) à 50 ans de réclusion (...) et l'ex général Reynaldo Bignone (84 ans) à 15 ans", a lu la présidente du tribunal, Maria Roqueta, devant une salle comble.

Dans la salle se trouvait notamment Estela de Carlotto, dirigeante de l'organisation des Grands-Mères de la Place de Mai, à l'origine de la découverte de l'identité de 105 enfants d'opposants volés sous la dictature et confiés à des proches du régime militaire.

Devant un écran géant installé face au tribunal, des centaines de proches de victimes, d'enfants d'opposants et de défenseurs des droits de l'homme ont accueilli ces condamnations avec des larmes, des chants et des cris de joie, après des années de procédure, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des peines de 40 à 15 ans de prison ont été infligées à plusieurs autres co-accusés, également poursuivis pour avoir participé à un "plan systématique" de vol et d'appropriation de bébés d'opposants.

Jorge Videla purge déjà deux peines de prison à perpétuité pour crime contre l'humanité. Reynaldo Bignone purge également deux peines (perpétuité et 25 ans de prison), pour violation des droits de l'homme.

Au total, 11 personnes comparaissaient depuis février 2011 à Buenos Aires dans ce premier procès pour "vol systématique" et appropriation d'enfants.

L'organisation des Grands-Mères de la Place de Mai évalue à environ 500 le nombre de "bébés volés" puis "adoptés" par des familles proches du régime sous la dictature.

Vous aimerez aussi

L'Algérie est «seulement» le deuxième pays d'Afrique a éradiquer le paludisme.
Santé L'Algérie et l'Argentine, deux pays débarrassés du paludisme
L'ex-présidente argentine Cristina Kirchner arrive au Tribunal de Comodoro Py à Buenos Aires, le 21 mai 2019 [CARLOS BRIGO / TELAM/AFP]
Justice Argentine : l'ex-présidente Cristina Kirchner jugée pour la première fois pour corruption
Argentine Il fête le titre de champion d'Argentine avec le crâne de son grand-père

Ailleurs sur le web

Derniers articles