Préparation d'un référendum sur la destitution du président

Le président roumain Traian Basescu salue les membres du Parlement après sa destitution, le 6 juillet 2012 à Bucarest[AFP]

Le gouvernement roumain s'est réuni samedi en conseil des ministres extraordinaire afin de préparer l'organisation d'un référendum crucial pour l'avenir du pays sur la destitution du président de centre droit Traian Basescu, votée vendredi par le Parlement.

Le Parlement s'est prononcé vendredi soir par 256 voix pour et 114 contre en faveur de la destitution de M. Basescu.

Cette destitution ne deviendra définitive que si elle est validée par un référendum organisé le 29 juillet.

"Avec la vérité et la Constitution, allons au référendum", a lancé Traian Basescu dans un message sur Twitter. Le président avait survécu à un tel vote il y a cinq ans, en 2007, quand les mêmes partis avaient tenté de le destituer.

A l'ouverture du conseil des ministres, le Premier ministre social-démocrate Victor Ponta n'a pas caché sa satisfaction après le vote de destitution visant son principal rival politique.

"Maintenant, nous voyons éliminés tous les blocages qui nous faisaient faire du sur place depuis que nous sommes arrivés au gouvernement", a-t-il déclaré en s'adressant aux ministres.

"Nous allons devoir prouver que nous pouvons bien fonctionner maintenant que nous n'avons plus à nous faire de souci pour des contestations sur les décisions que nous adoptons", a-t-il ajouté.

L'Union sociale-libérale (USL) de M. Ponta fait l'objet de critiques de la part de l'Union européenne, des Etats-Unis, de Berlin et Paris qui s'inquiètent notamment de changements législatifs hâtifs et d'attaques contre la Cour constitutionnelle.

"Nous sommes préoccupés par les derniers événements en Roumanie, notre allié et partenaire de l'Otan, qui menacent l'équilibre démocratique des pouvoirs et affaiblissent les institutions indépendantes, comme la Justice", a déclaré dans un communiqué la porte-parole du département d'Etat américain, Victoria Nuland.

Des ONG ont dénoncé la manière "brutale" dont l'USL a démis les présidents des chambres du Parlement ainsi que l'avocat du peuple (médiateur), et changé par décret les conditions du référendum de destitution en quelques jours afin de faciliter cette procédure.

Les conditions d'organisation du référendum font notamment polémique. Jeudi, le gouvernement a adopté un décret qui prévoit que le président peut dorénavant être démis à la majorité des suffrages exprimés par les votants et non plus à la majorité des inscrits.

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