Syrie : Annan reconnaît qu'il n'a "pas réussi"

L'émissaire de l'ONU Kofi Annan, le 30 juin 2012.[FABRICE COFFRINI / AFP]

L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, auteur d'un plan de sortie de crise en Syrie resté lettre morte, reconnaît qu'il n'a "pas réussi" sa mission et plaide pour associer l'Iran aux discussions, dans un entretien au quotidien français Le Monde.

"Cette crise se poursuit depuis seize mois, mais j'ai commencé à être impliqué il y a trois mois. Des efforts importants ont été déployés pour essayer de résoudre cette situation de manière pacifique et politique. A l'évidence, nous n'avons pas réussi. Et peut-être n'y a-t-il aucune garantie que nous allons réussir", a reconnu Kofi Annan.

"Mais avons-nous étudié des alternatives ? Avons-nous mis les autres options sur la table ? J'ai dit cela au Conseil de sécurité de l'ONU, ajoutant que cette mission n'était pas indéfinie dans le temps, comme mon propre rôle", a-t-il ajouté.

Cet entretien est publié au lendemain de la réunion à Paris des Amis du peuple syrien, au cours de laquelle plus de 100 pays arabes et occidentaux ont demandé au Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante comportant une menace de sanctions contre Damas.

L'ancien secrétaire général des Nations unies a évoqué l'importance du rôle de la Russie, proche du régime de Damas et qui a bloqué jusqu'à présent toute action internationale résolue contre le pouvoir de Bachar al-Assad, tout en soulignant l'importance d'associer l'Iran aux discussions.

"La Russie a de l'influence mais je ne suis pas certain que les événements seront déterminés par la Russie seule (...). L'Iran est un acteur. Il devrait faire partie de la solution. Il a de l'influence et nous ne pouvons pas l'ignorer", a assuré M. Annan.

Américains et Européens se sont opposés à ce que l'Iran, allié du régime de Damas, soit invité à la récente conférence ministérielle de Genève sur la Syrie, en raison notamment du conflit qui oppose Téhéran aux Occidentaux sur la question de son programme nucléaire.

La répression du mouvement de contestation populaire et les combats qui ont suivi entre forces gouvernementales et opposants armés ont fait plus de 16.500 morts depuis mars 2011, selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme.

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