Élections au Timor oriental : Xanana Gusmao en position favorable

Comptage des bulletins de vote, le 7 juillet 2012 à Dili, au Timor oriental[AFP]

Le Premier ministre Xanana Gusmao, ancien président et héros de l'indépendance, semblait en passe d'être reconduit à la tête du Timor oriental, selon des résultats préliminaires des législatives de samedi.

Le Congrès national pour la reconstruction du Timor (CNRT, centre gauche), dirigé par l'actuel chef du gouvernement, a remporté 36,66% des suffrages. Le principal parti d'opposition, le Front révolutionnaire du Timor oriental indépendant (Fretilin, gauche), a recueilli 29,87%, selon le décompte de la totalité des voix, qui reste à être confirmé dans les jours à venir.

Aucune projection en termes de sièges n'a encore été donnée mais le Premier ministre sortant semble être en mesure d'être reconduit, d'autant plus que le Parti démocrate (PD), membre de l'actuelle coalition gouvernementale, a remporté 10,31%.

A titre de comparaison, lors des dernières législatives de 2007, le Fretilin avait gagné 21 sièges, sur un total de 65, en remportant 29% des suffrages, tandis que le CNRT avait obtenu 18 sièges avec 24%. Le Congrès avait cependant privé de pouvoir le Fretilin en s'alliant à trois partis minoritaires pour former le gouvernement.

Il reste à savoir si le CNRT, qui a le soutien de l'actuel président Taur Matan Ruak, sera en mesure d'arracher la majorité absolue des 33 sièges ou s'il devra une nouvelle fois former une coalition, ce qui pourrait engendrer la même période de tensions qui avait perduré pendant un mois à l'issue des dernières législatives de 2007. Ce scrutin n'avait pas, lui non plus, permis de dégager une majorité absolue.

L'ONU, présente depuis 1999, a fait savoir qu'elle rappellerait ses quelque 1.300 Casques bleus avant la fin de l'année si aucune violence ne venait ternir les législatives, ce qui a été le cas, ni la période qui suit.

Déjà, la présidentielle de mars-avril derniers a permis de désigner sans heurts l'ancien guérillero Taur Matan Ruak à la tête du pays.

Si sa victoire se confirme, M. Gusmao aura pour lourde tâche de prouver que ce confetti d'Asie du Sud-Est peut assurer lui-même son avenir.

La moitié des 1,1 million de Timorais vit sous le seuil de pauvreté et environ 20% d'entre eux sont au chômage. La découverte d'un gisement d'hydrocarbures a fait naître un espoir de développement mais qui reste à concrétiser, comme le montre la persistance de bidonvilles, où des enfants à moitié nus jouent au milieu des cochons.

"Le plus grand risque, c'est la pauvreté", avait reconnu le président Taur Matan Ruak en allant voter samedi.

Ex-guérillero à l'allure de révolutionnaire cubain, barbe blanche sur peau bise, M. Gusmao a passé près de la moitié de sa vie en prison ou dans la jungle timoraise à lutter contre les troupes indonésiennes qui avaient envahi le minuscule pays en 1975, juste après le départ de la puissance coloniale portugaise.

183.000 Timorais, soit plus du quart de la population de l'époque, ont trouvé la mort dans le conflit.

"Xanana", de son vrai nom "Kay Rala Gusmao", était rentré au pays en héros au départ de l'envahisseur indonésien en 1999. Il avait émis le souhait de revenir à une vie paisible et de "cultiver des potirons" mais il avait en fait été pressé de se présenter à la magistrature suprême et avait été triomphalement élu premier président du Timor actuel en avril 2002, peu avant la déclaration officielle d'indépendance.

Aujourd'hui âgé de 66 ans, il a promis un vaste programme de construction d'infrastructures, qui manquent cruellement à la jeune nation.

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