Bosnie : les musulmans commémorent le massacre de Srebrenica

Des musulmans de Bosnie portent un cercueil, en route vers Srebrenica à l'occasion de la commémoration du massacre de 1995 , le 10 juillet 2012[AFP]

Les musulmans de Bosnie commémorent ce mercredi le de Srebrenica de 1995, au moment où les responsables du massacre, les Serbes bosniens Ratko Mladic et Radovan Karadzic, sont jugés par la justice internationale, après des années de cavale.

A l'occasion du 17e anniversaire, 520 victimes du massacre, retrouvées et identifiées depuis l'anniversaire précédent, seront mises en terre.

"C'est de la douleur, une douleur sans fin. Et lorsque le 11 juillet arrive, chaque année, cette douleur devient insupportable", lance en pleurant Sevdija Halilovic, venue au centre mémorial de Potocari, près de Srebrenica, pour les funérailles de son père.

"Les restes de mon père ont été exhumés de deux fosses communes. Mes deux frères ont aussi été tués dans le massacre, mais ils n'ont pas encore été retrouvés", ajoute cette femme âgée d'une cinquantaine d'années.

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Le 11 juillet 1995, quelques mois avant la fin du conflit intercommunautaire de Bosnie, les troupes serbes bosniennes avait pris le contrôle de Srebrenica, une enclave musulmane en Bosnie orientale, proclamé en 1993 "zone protégée" de l'ONU.

Quelque 8.000 hommes et adolescents ont été tués en l'espace de quelques jours. Ce massacre a été qualifié de génocide par la justice internationale.

Mardi, quelque 7.000 personnes sont arrivées à Potocari, après avoir parcouru à pied, en sens inverse, le chemin que 10.000 à 15.000 hommes musulmans avaient emprunté à travers les forêts pour fuir le massacre. Des milliers avaient été capturés et systématiquement tués.

L'enterrement des victimes exhumées des fosses communes et identifiées est organisé chaque année au centre mémorial de Potocari à l'occasion de l'anniversaire du massacre. A ce jour, 5.137 victimes ont été enterrées dans le cimetière du mémorial.

Au moins 30.000 personnes devraient participer cette année à la cérémonie commémorative, selon les organisateurs.

Après avoir échappé à la justice internationale pendant des années, les ex-chefs militaire et politique des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic et Radovan Karadzic sont enfin jugés par le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY).

Le procès de l'ex-général Mladic, 70 ans, a repris lundi avec la déposition du premier témoin de l'accusation. il est est inculpé de génocide, crimes contre l'humanité et crimes de guerre durant la guerre en Bosnie (1992-1995), au cours de laquelle 100.000 personnes avaient été tuées et 2,2 millions de personnes déplacées, et notamment du massacre de Srebrenica, déjà qualifié de génocide par la justice internationale.

Inculpé des mêmes chefs d'accusations, Radovan Karadzic, 67 ans, a été arrêté en juillet 2008 à Belgrade après s'être caché pendant treize ans. Son procès s'est ouvert en octobre 2009.

Mais les familles des victimes ont du mal à croire que justice sera faite.

"Leur procès va durer des années", peste Fatima Mujic, venue enterrer son frère.

"Et à la fin, ces deux sauvages vont mourir avant d'être condamnés, comme Slobodan Milosevic, et les Serbes vont continuer à dire qu'il n'y a pas eu de génocide à Srebrenica", ajoute cette femme de 39 ans, dont le mari a aussi été tué dans le massacre.

Lui aussi inculpé entre autre du massacre de Srebrenica, l'ancien homme fort de Serbie Slobodan Milosevic est mort en 2006 dans la prison du TPIY avant la fin de son procès.

"Ils veulent des témoins ? Voici des témoins ! Il ne faut pas aller chercher plus loin", s'emporte Muniba Cakar, 63 ans, qui enterrera son mari, en montrant des milliers de pierres tombales dans le mémorial de Potocari.

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