Nouvelle attaque pour abroger la réforme santé d'Obama

Le président de la Chambre des représentants John Boehner (d) et Nancy Pelosi, au Capitole de Washington le 11 juillet 2012[AFP]

La réforme de la couverture maladie de Barack Obama doit être "abrogée" mercredi par un énième vote symbolique à la Chambre des représentants, dont la majorité républicaine n'a pas digéré la décision de la Cour suprême de valider la loi phare du président américain.

Si les républicains sont assurés de remporter ce vote, il ne fait aucun doute que le Sénat à majorité démocrate ne donnera pas suite, d'autant que le président Barack Obama a promis d'utiliser son droit de veto en cas d'abrogation par le Congrès.

Ce vote, à portée purement symbolique et politique, intervient quelques jours seulement après que la Cour suprême eut confirmé, par cinq voix contre quatre, la constitutionnalité du texte grâce au soutien surprise de son président conservateur.

La Cour a validé dans sa quasi-intégralité le 28 juin la réforme de la couverture santé adoptée et promulguée en 2010 qui prévoit d'étendre la couverture maladie à 32 millions d'Américains.

Mais à moins de quatre mois des élections de novembre, les républicains, maîtres de la majorité à la Chambre depuis les élections de novembre 2010, ne désarment pas. Le vote prévu mercredi après-midi sera le dernier d'une série de plus de 30 sur le sujet.

"La Chambre va voter pour abroger +Obamacare+ (surnom péjoratif donné à la réforme par les républicains, ndlr), qui fait grimper les coûts de la santé et rend les embauches plus difficiles pour les petites entreprises", a déclaré mardi devant la presse le président de la Chambre, John Boehner.

 

Pas de contre-proposition

Plusieurs démocrates devraient même rejoindre les conservateurs en votant pour l'abrogation mercredi. "Je pense que nous perdrons quelques (élus) comme ce fut déjà le cas, (mais) pas beaucoup", a estimé mardi le numéro deux de la minorité démocrate Steny Hoyer, faisant référence à un vote similaire début 2011.

Les républicains veulent voir dans ces défections du bon sens politique. "Les démocrates entendent sur leurs terres que cette loi fait du tort aux petites entreprises", a estimé Kevin McCarthy, élu républicain de Californie.

Mais le projet d'abrogation républicain ne contient pas de contre-proposition pour remplacer la réforme du président, ce que plusieurs élus démocrates ont vivement critiqué ces derniers jours.

De son côté, le président Obama a défendu mardi lors d'un discours de campagne dans l'Iowa (centre), la réforme qui est devenue l'un des symboles de sa présidence. "Je suis candidat car je pense que personne en Amérique ne devrait avoir des difficultés financières en raison d'une maladie. Notre loi sur la santé était la bonne chose à faire", a dit M. Obama. Le président a toutefois ajouté qu'il s'emploierait à "améliorer" la loi.

 

Romney hué à Houston

En campagne à Houston (Texas), son rival pour la présidentielle Mitt Romney a lui été longuement hué mercredi pour avoir parlé d'abroger cette réforme santé devant la convention du plus important groupe de défense des droits des Noirs aux Etats-Unis, la NAACP.

Les républicains sont pourtant conscients que seul un changement de président et de majorité au Sénat après les élections du 6 novembre pourraient produire le résultat escompté par le camp conservateur.

Ils font donc activement campagne pour regagner le Sénat. Dans un message à ses partisans lundi, le sénateur républicain Marco Rubio a expliqué que les républicains --qui disposent de 47 sièges sur 100 à la chambre haute-- ont besoin de "13 voix (soit 13 sièges de sénateurs) à travers le pays pour l'abrogation".

En effet, il faut une majorité qualifiée de 60 sénateurs pour passer outre toute opposition. M. Rubio appelle ainsi à soutenir Josh Mandel, dans l'Ohio (nord), qui a "juré d'abroger la réforme santé s'il est élu".

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