Violences en Syrie, un dirigeant de l'opposition à Moscou

L'émissaire international Kofi Annan (g) et le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi, le 10 juillet 2012 à Téhéran[AFP]

Des accrochages opposent forces syriennes et combattants anti-régime à Damas au moment où le chef de la principale coalition de l'opposition rencontrait des responsables russes à Moscou pour réclamer le départ du président Bachar al-Assad avant toute transition politique.

L'émissaire international pour la Syrie, Kofi Annan, qui s'est rendu mardi à Téhéran, allié de Damas, et Bagdad, où il a obtenu un appui des autorités à son plan de sortie de crise, doit rendre compte mercredi de sa tournée au Conseil de sécurité de l'ONU.

En dépit de la multiplication de initiatives diplomatiques, les violences ne faiblissent pas en Syrie, avec 82 morts pour la journée de mardi, dont au moins 30 civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Mercredi, des accrochages ont opposé à l'aube dans le quartier de Qadam à Damas les forces de sécurité syriennes et des rebelles, selon l'OSDH.

A Alep (nord), deuxième ville du pays restée à l'écart aux premiers mois de la révolte, de fortes explosions ont été entendues mercredi et deux soldats ont été tués lorsque des rebelles ont attaqué un point de contrôle militaire.

En outre, des manifestations rassemblant des centaines de jeunes se sont déroulées mardi soir dans le quartier huppé de Mazzé dans la capitale où les participants ont scandé des slogans contre le régime.

Pour sa part, le Conseil général de la révolution syrienne, a fait état d'accrochages dans la nuit et de perquisitions mercredi matin à Homs (centre) dans le quartier de Kafar Soussé ainsi que dans des fermes environnantes.

A Moscou, le chef du Conseil national syrien (CNS), Abdel Basset Sayda, a souligné qu'une "révolution" était en cours en Syrie, au début de ses entretiens avec le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov.

"Les événements en Syrie ne sont pas seulement des désaccords entre l'opposition et le gouvernement, mais une révolution", a-t-il dit, comparant la situation dans son pays à ce qui s'est passé en Russie à la chute de l'URSS, en 1991.

M. Sayda doit ensuite s'entretenir avec des sénateurs russes avant de donner une conférence de presse.

Alliée de Damas, la Russie est un acteur incontournable dans le dossier syrien, bloquant toute résolution à l'ONU condamnant la répression et refusant de cesser son soutien au régime malgré les critiques internationales.

Le CNS a fait savoir mardi qu'il réclamait toujours le départ du président Assad "et de sa clique", avant toute négociation sur un transfert de pouvoir.

Le vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov, a de son côté indiqué que les discussions se concentreraient sur la mise en oeuvre du plan de transition politique de M. Annan, répétant que l'avenir du président Assad relevait "exclusivement de la souveraineté de la Syrie".

La Russie a soumis mardi à ses 14 partenaires du Conseil de sécurité un projet de résolution qui prolonge le mandat de la Mission de supervision de l'ONU en Syrie (MISNUS) mais n'évoque pas la menace de sanctions.

Le projet de texte, dont l'AFP a obtenu copie, "prolonge de trois mois le mandat" des observateurs déployés par l'ONU, qui expire le 20 juillet, en "tenant compte" des recommandations faites par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Celui-ci, dans un rapport remis au Conseil la semaine dernière, préconise de réduire le nombre des observateurs militaires (300 actuellement) et de donner à la MISNUS un rôle plus politique.

Le texte russe "réaffirme le soutien" au plan de paix de Kofi Annan et demande au pouvoir et à l'opposition syrienne de "commencer immédiatement à appliquer" ce plan.

Officiellement accepté par le régime et par l'opposition il y a trois mois, ce plan, qui comprend notamment un cessez-le-feu, est resté lettre morte, et la poursuite des violences a obligé les observateurs arrivés mi-avril en Syrie pour surveiller le cessez-le-feu, à cesser mi-juin leurs opérations.

A Bagdad mardi, M. Annan s'est dit "persuadé que le Conseil (de sécurité) prendra les mesures qui s'imposent, et décidera du sort de la MISNUS".

La visite de M. Annan en Iran, et l'"accord" qu'il a annoncé avoir trouvé lundi après sa rencontre avec le président Assad ont déclenché la colère des militants anti-régime, dont certains l'ont qualifié d'"envoyé russo-iranien chargé de la protection de Bachar".

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