Le Premier ministre malien veut un dialogue sur le Nord-Mali

Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra le 13 octobre 2004 à Paris[AFP/Archives]

Le Premier ministre malien Cheick Modibo Diarra, en visite jeudi au Niger, a souhaité qu'un dialogue s'ouvre "très rapidement" au Mali avec ceux qui sont prêts à "combattre le terrorisme" dans le nord du pays, désormais contrôlé par les islamistes.

"Nous sommes prêts à commencer le dialogue avec nos frères maliens qui se trouvent sur le terrain aux côtés ou opposés aux gens d'Aqmi" (Al-Qaïda au Maghreb islamique), a déclaré M. Diarra à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat nigérien Mahamadou Issoufou.

Il a souhaité que "ce dialogue puisse commencer très rapidement et nous permette de combattre le terrorisme, qui non seulement a atteint le Mali mais qui menace toute la sous-région".

A la faveur d'un coup d'Etat à Bamako, le nord du Mali est tombé fin mars aux mains des rebelles touareg du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA) et surtout des groupes islamistes Ansar Dine et Mouvement pour l'unicité et le jihad en Afrique de l'Ouest (Mujao) et de leur allié Aqmi.

Les islamistes ont chassé mercredi le MNLA de son dernier bastion et sont désormais les maîtres de toutes les grandes villes du Nord.

Le chef du gouvernement malien a indiqué avoir discuté avec son hôte de la nécessité de "mobiliser" les voisins du Mali, l'Afrique et la communauté internationale "pour venir nous aider à regagner l'intégrité territoriale du Mali".

Il a remercié pour sa "solidarité fraternelle" le Niger, qui accueille actuellement "plus de 65.000" déplacés maliens.

"Nous avons aussi des militaires maliens qui sont là", a-t-il souligné, en référence à plus de 400 soldats maliens cantonnés depuis début mai près de Niamey, après avoir dû fuir face aux rebelles du Nord malien.

M. Diarra s'est rendu dans la matinée sur ce site et a rencontré la troupe et son chef, le colonel Alaji Ag Gamou.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) prépare l'envoi éventuel d'une force militaire pour aider l'armée malienne à reconquérir le Nord, une option fortement soutenue par Niamey. Elle poursuit cependant des discussions avec des groupes armés sous l'égide de la médiation burkinabè.

De son côté, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius a estimé jeudi que l'usage de la force dans le nord du Mali était probable "à un moment ou à un autre" et que, pour Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et de ses alliés, la France était "l'ennemi principal".

Le ministre a cependant ajouté, au cours d'une rencontre avec la presse diplomatique, que "la France, pour des raisons évidentes, ne peut pas être en première ligne" dans une intervention militaire.

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