L'Afrique du Sud secouée par des luttes syndicales mortelles

Des heurts meurtriers dans une mine de platine sud-africaine, qui ont fait neuf morts depuis dimanche, ont mis en lumière les tensions entre les syndicats, qui s'opposent sur les revendications et les méthodes de lutte.[AFP] Des heurts meurtriers dans une mine de platine sud-africaine, qui ont fait neuf morts depuis dimanche, ont mis en lumière les tensions entre les syndicats, qui s'opposent sur les revendications et les méthodes de lutte.[AFP]

Des heurts meurtriers dans une mine de platine sud-africaine, qui ont fait neuf morts depuis dimanche, ont mis en lumière les tensions entre les syndicats, qui s'opposent sur les revendications et les méthodes de lutte.

De violents affrontements ont éclaté à la mine de Marikana, près de Rustenburg (nord-ouest), qui est gérée par le troisième producteur mondial de platine Lonmine, dans une bataille opposant la puissante Union nationale des mineurs (NUM) et le petit syndicat AMCU, qui regroupe des employés des mines et du BTP.

L'AMCU est le fruit d'une dissidence de la NUM et a recruté en promettant de négocier d'énormes augmentations salariales, visiblement irréalistes. Sa campagne de recrutement a été décrite par de nombreux mineurs et responsables syndicaux comme frôlant souvent l'intimidation.

Le petit syndicat était incapable de commenter ces allégations mardi.

Le secteur minier est le plus grand employeur privé en Afrique du Sud, qui possède l'une des populations actives les plus syndiqués dans le monde.

Les mines sud-africaines ont déjà connu à plusieurs reprises des affrontements meurtriers dans le passé, généralement lorsque des travailleurs appartenant à certains syndicats ont refusé de suivre les appels à la grève lancés par d'autres, ou ont refusé de mettre fin à des mouvements.

Deux travailleurs ont été tués en février dans une mine appartenant à Impala Platinum, également à proximité de Rustenburg, pendant une longue grève qui a obligé la mine à fermer ses portes pendant plusieurs semaines.

Les observateurs estiment que ces querelles violentes reflètent les luttes de pouvoir qui minent le Congrès national africain (ANC), le parti dominant en Afrique du Sud.

"Il y a un conflit naissant entre les syndicats sud-africains, il y a des luttes de pouvoir entre les dirigeants des syndicats. Les divisions à la tête de l'ANC sont maintenant reflétées par les divisions au sein des syndicats", constate Daniel Silke, un analyste indépendant.

Il s'agit d'une "bataille entre un extrémisme plus populiste et un syndicat philosophiquement plus centriste", estime-t-il.

A Marikana, Lonmin a dénoncé mardi "la grave explosion de violence, qui se poursuit".

"La production a été gravement perturbée depuis le vendredi 10 août à la suite d'une grève illégale des foreurs et de l'augmentation des cas de violence et d'intimidation", a déploré le groupe dans un communiqué.

Les forces de l'ordre --lourdement armées-- et des hélicoptères de la police ont été déployés en force sur place, et la chaîne d'information eNews a rapporté qu'un camion militaire était entré sur le carreau de la mine.

Neuf personnes au total ont été tuées, selon un bilan donné par le porte-parole de la police Dennis Adriao.

Lors d'un affrontement lundi entre mineurs et policiers qui tentaient de rétablir l'ordre, trois hommes ont été abattus par balles --autodéfense, selon la police-- et deux gardiens de la paix lynchés.

Durant le week-end, deux gardes de sécurité avaient péri lorsqu'une bombe incendiaire a été jetée sur leur voiture et deux autres personnes avaient été tuées durant les violences intersyndicales: le premier abattu alors qu'il se rendait au travail et le second déchiqueté à coups de machette dans son dortoir.

Un calme précaire était revenu mardi.

"La production est arrêtée. La situation est très tendue. Neuf personnes ont trouvé la mort sur notre propriété. Si les gens ne se sentent pas en sécurité, ils n'iront pas au travail", a indiqué à l'AFP Tanya Chakanza, responsable des relations investisseurs de Lonmin.

L'action Lonmin perdait 4,39% mardi à 13H10 GMT à la Bourse de Londres.

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