Gabon : trois morts lors de manifestations, selon l'opposition

L'opposition gabonaise a accusé les "violences policières" d'avoir fait trois morts lors de la dispersion mercredi de la manifestation interdite de l'Union nationale (UN) dissoute par les autorités qui ont opposé un démenti formel parlant de "déclaration politico-politicienne".[AFP] L'opposition gabonaise a accusé les "violences policières" d'avoir fait trois morts lors de la dispersion mercredi de la manifestation interdite de l'Union nationale (UN) dissoute par les autorités qui ont opposé un démenti formel parlant de "déclaration politico-politicienne".[AFP]

L'opposition gabonaise a accusé les "violences policières" d'avoir fait trois morts lors de la dispersion à Libreville mercredi de la manifestation interdite de l'Union nationale (UN) dissoute par les autorités, qui ont opposé un démenti formel, parlant de "déclaration politico-politicienne".

"Au moment où je vous parle deux compatriotes sont mortes. Deux compatriotes qui ont perdu la vie à cause de la brutalité des forces de l'ordre. Je vous ai donné les noms et nous avons vérifié. Un décès ne se cache pas. Nous avons cité des noms, deux noms (de femmes) qui viennent des hôpitaux", a affirmé Zacharie Myboto, président de l'UN lors d'une conférence de presse à l'issue de laquelle Mike Jocktane, cadre de l'UN a assuré qu'il "y a un troisième décès".

La Procureur de la République de Libreville, Sidonie-Flore Ouwé, a démenti formellement auprès de l'AFP après la conférence de presse: "C'est une déclaration politico-politicienne. C'est une information non fondée. Aucun incident de cette nature n'a été relevé. Nous restons à l'écoute. A cette heure (21h45), il n'y a pas de perte de vie humaine. Il n'y a pas de mort. (...) Qu'ils nous disent où sont les corps. Aucun hôpital ne nous a contacté à la suite des événements que nous vivons".

Lors de la conférence de presse, M. Myboto a aussi accusé les policiers d'avoir tiré avec des "balles", exhibant une douille: "J'ai une réaction d'indignation. D'indignation par rapport au comportement du pouvoir dit émergent qui du reste est illégitime (...) Quand on voit les conséquences. Voila la police qui charge des compatriotes qui marchent tranquillement librement sans faire aucune menace à qui que ce soit. La police charge, brutalise, tire avec des balles. Ici vous avez une douille".

"Il y a des dizaines de blessés, des dizaines d'interpellés, voila ce que représente le pouvoir illégitime de ce pays. C'est la violence. Il faut savoir que la violence appelle la violence (...) Le pouvoir aujourd'hui est aveugle et cette cécité l'amenera à sa mort (..) Les gens sont prêts à continuer ce combat", a-t-il conclu.

L'Union nationale (UN, parti dissous) du principal opposant André Mba Obame avait appelé à une manifestation à 15h00 (14h00 GMT) dans le centre de Libreville pour réclamer une "conférence nationale souveraine" en vue d'obtenir une nouvelle Constitution et des élections législatives et présidentielle. Mais ce rassemblement n'a pas été autorisé par les autorités.

Des affrontements entre opposants, forces de l'ordre et groupuscules ont alors éclaté, avant l'heure prévue de la manifestation, et se sont prolongés jusqu'en début de soirée. Au même moment, entre 2.000 et 3.000 manifestants, qui s'étaient réunis au siège de l'UN se sont dirigés vers le quartier populaire et très pauvre Cocotiers. Ils scandaient des slogans "AMO (Andre Mba Obame), le vrai président" ainsi que "Ali Ben, dégage".

Ils ont été été violemment dispersés par les policiers. Armés de gourdins, des jeunes ont jeté des cailloux et des bouteilles vides en direction des policiers qui ont fait usage de matraques et de gaz lacrymogène, procédant parfois à des tirs tendus.

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