Le Hamas affiche sa "bonne gouvernance" à Gaza

"Nous avons réalisé 800 opérations à coeur ouvert, régulé la circulation, construit 44 écoles", claironnent les panneaux en lettres blanches sur fond magenta. Ce n'est pas un gouvernement en campagne qui se vante ainsi, mais le Hamas à Gaza.[AFP] "Nous avons réalisé 800 opérations à coeur ouvert, régulé la circulation, construit 44 écoles", claironnent les panneaux en lettres blanches sur fond magenta. Ce n'est pas un gouvernement en campagne qui se vante ainsi, mais le Hamas à Gaza.[AFP]

"Nous avons réalisé 800 opérations à coeur ouvert, régulé la circulation, construit 44 écoles", claironnent les panneaux en lettres blanches sur fond magenta. Ce n'est pas un gouvernement en campagne qui se vante ainsi, mais le Hamas à Gaza.

Baptisée "Nous construisons la nation", intitulé que ne renierait pas le Premier ministre de l'Autorité palestinienne rivale, Salam Fayyad, cette opération de promotion se décline tout l'été sur des panneaux aux carrefours de l'enclave côtière, encarts dans la presse, spots radio et sur internet.

Une pancarte montre des employés de la voirie qui se font filmer en train de nettoyer une plage, sous le slogan: "Un environnement propre pour un peuple résistant".

"Malgré le blocus (israélien) nous avons continué à construire", vante une autre, sur laquelle le chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, en casque de chantier, examine un plan avec des architectes.

Selon le directeur du groupe de réflexion Palthink à Gaza, Omar Chaabane, le Hamas "veut ainsi agir comme un gouvernement et rétablir sa réputation".

"Sa performance en tant que gouvernement depuis environ un an et demi n'a pas été bonne", estime M. Chaabane, citant la pénurie d'électricité où la hausse des prix.

"Le gouvernement du Hamas a été confronté à une série de crises: le blocus, la guerre (de décembre 2008-janvier 2009) et auparavant la crise des salaires" en raison du boycottage international, répond le directeur du bureau de presse gouvernemental à Gaza, Hassan Abou Haschich.

"Le gouvernement connaît des difficultés mais elles sont dues à des facteurs extérieurs comme le carburant (pour l'unique centrale électrique du territoire, NDLR) ou le terminal frontalier" de Rafah avec l'Egypte, plaide-t-il.

"Les gens ont une idée générale mais nous voulons leur donner des informations précises et chiffrées. C'est notre droit de faire des comparaisons parce que nous avons été visés par des attaques médiatiques, à commencer par celles de nos frères en Cisjordanie", ajoute M. Abou Haschich, en référence à l'Autorité palestinienne.

Horizon assombri

Les autorités de Gaza ont profité de l'été pour lancer cette campagne médiatique.

"En été, il y a des dizaines de milliers de Palestiniens qui rentrent de l'étranger ainsi que des caravanes de solidarité internationales qui viennent dans la bande de Gaza", explique le responsable du bureau de presse du Hamas.

Mais depuis le lancement de la campagne le 20 juin pour une durée de trois mois, l'horizon s'est assombri dans le territoire palestinien.

Une attaque meurtrière dans la péninsule égyptienne du Sinaï limitrophe, à laquelle des groupuscules de Gaza sont soupçonnés d'avoir prêté la main, a compromis l'assouplissement du transit avec l'Egypte, promis par le nouveau président, l'islamiste Mohamed Morsi.

Résultat immédiat de l'attaque de 5 août: l'Egypte a fait fermer les tunnels de contrebande et interrompu la livraison via le Sinaï du carburant offert par le Qatar à Gaza, qui avait brièvement permis au début du mois à l'unique centrale électrique de faire fonctionner ses quatre turbines, pour la première fois depuis son bombardement par Israël en 2006.

"La priorité de l'Egypte est d'assurer la stabilité et la sécurité dans le Sinaï", résume Moukhaïmer Abou Saada, professeur de science politique à l'Université Al-Azhar de Gaza.

"Quant à la levée du siège (israélien) et l'amélioration de la situation à Gaza, c'est à présent devenu une question secondaire, malgré les espoirs placés en Morsi".

Les coupures de courant endémiques, qui étaient retombées entre huit et 10 heures par jour, sont remontées à 10 à 12 heures. Et le vrombissement des générateurs électriques emplit de nouveau les rues de Gaza.

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