Wikileaks : La Suède s'indigne face aux accusations de l'Equateur

Un soutien à Julian Assange devant l'ambassade d'Equateur en Angleterre. Un soutien à Julian Assange devant l'ambassade d'Equateur en Angleterre.[ANDREW COWIE / AFP]

Déjà protégé par l'ambassade de l'Equateur en Angleterre, Julian Assange vient de bénéficier de l'asile politique du pays a annoncé Ricardo Patino, ministre équatorien des Affaires étrangères. La Suède s'est indignée face aux accusation de l'Equateur contre sa Justice.

Après avoir écouté la conférence de presse à Quito du ministère des Affaires étrangères équatorien Ricardo Patiño, expliquant qu'il craignait que les droits de la défense de M. Assange pourraient ne pas être respectés, son homologue suédois Carl Bildt a immédiatement répondu sur son compte Twitter.

"Notre système juridique et constitutionnel solide garantit les droits de tout un chacun. Nous rejetons fermement toute accusation qui implique le contraire", a-t-il écrit. Celui-ci "est attendu au ministère aussi vite que possible. Les accusations (...) sont graves et il est inacceptable que l'Equateur veuille arrêter le processus judiciaire suédois et la coopération judiciaire européenne", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère suédois des Affaires étrangères, Anders Jörle.

Par ailleurs, d'après le gouvernement équatorien, si l'Australien "est réduit à de la détention provisoire en Suède, il se mettra en branle un enchaînement d'événements qui empêcheront d'éviter une extradiction" vers les Etats-Unis.

M. Assange, qui dénonce dans la procédure judiciaire suédoise une machination, et qui affirme que les relations avec les deux plaignantes étaient consentantes, clame que Stockholm cherchera à l'extrader vers les Etats-Unis.

La Suède nie toute extradition. En effet "la loi suédoise et la Convention européenne des droits de l'homme, que la Suède et la Grande-Bretagne ont ratifiée, interdisent l'extradition vers un pays où le prévenu risque la peine de mort", a rappelé le porte-parole de la diplomatie suédoise.
 

Menace d'un assaut

L'Equateur a dénoncé mercredi la menace des autorités britanniques de lancer un assaut contre son ambassade à Londres, alors qu'il doit annoncer jeudi s'il accorde l'asile politique à Julian Assange qui y est réfugié depuis deux mois.

"Aujourd'hui (mercredi) nous avons reçu du Royaume-Uni la menace expresse et par écrit qu'un assaut pourrait être lancé contre notre ambassade à Londres si l'Equateur ne lui remet pas Julian Assange", a déclaré le ministre équatorien des Affaires étrangères, Ricardo Patino, lors d'une conférence de presse à Quito.

"L'Equateur rejette de la manière la plus énergique la menace explicite" britannique, a-t-il affirmé.

Le ministre a par ailleurs indiqué que l'Equateur annoncera jeudi à 12h00 GMT sa décision concernant la demande d'asile politique faite par le fondateur de WikiLeaks Julian Assange.

Dans un communiqué, WikiLeaks a dénoncé une menace "disproportionnée" et une "atteinte sans précédent au droit des demandeurs d'asile".

La justice britannique avait donné son feu vert à son extradition vers la Suède où la justice veut le juger pour viol et agression sexuelle.

Le Foreign Office a répété mercredi que la Grande-Bretagne était "déterminée" à l'extrader.

"Le Royaume-Uni a l'obligation légale d'extrader M. Assange vers la Suède (...) et nous restons déterminés à remplir cette obligation", a affirmé un porte-parole du Foreign Office.

Julian Assange, un Australien de 41 ans, est accusé par la justice suédoise de viol et d'agression sexuelle. Depuis le 19 juin, il est réfugié à l'ambassade d'Equateur à Londres, où il a déposé une demande d'asile politique, pour éviter son extradition vers la Suède.

Le fondateur de WikiLeaks dit redouter d'être transféré dans un second temps aux Etats-Unis pour y répondre d'espionnage après la divulgation par son site de 250.000 télégrammes diplomatiques américains.

Violation flagrante de la Convention de Vienne

Selon le chef de la diplomatie équatorienne, "la position qu'a adoptée le gouvernement de Grande-Bretagne est inadmissible, tant du point de vue politique que du point de vue juridique". "Une entrée non autorisée dans l'ambassade d'Equateur serait une violation flagrante de la Convention de Vienne" sur les missions diplomatiques, a déclaré M. Patino.

L'Australie a de son côté implicitement "lâché" Julian Assange jeudi. "Finalement (...) c'est une affaire entre M. Assange et l'Equateur" et "de plus en plus, il semble que ce soit une affaire entre l'Equateur et la Grande-Bretagne", a déclaré la ministre de la Justice, Nicola Roxon, à la radio ABC.

Londres pourrait justifier une telle intervention par une loi de 1987 sur les statuts des locaux consulaires et diplomatiques qui permet de lever l'immunité d'une ambassade sur le sol britannique.

Un appel à manifester devant l'ambassade a été lancé sur le réseau social Twitter. Elle est située dans le quartier chic londonien de Kensington.

Une dizaine de policiers étaient présents mercredi soir devant l'ambassade, a constaté un journaliste de l'AFP.

Une porte-parole de WikiLeaks Sarah Harrison a par ailleurs été aperçue entrant dans le bâtiment.

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