Les Pussy Riot condamnées à deux ans de camp

La juge en charge du procès des trois punkettes du groupe Pussy Riot vient de déclarer les jeunes filles « coupables de hooliganisme ». La juge en charge du procès des trois punkettes du groupe Pussy Riot a déclaré les jeunes filles « coupables de hooliganisme ». [ANDREY SMIRNOV / AFP]

Les trois jeunes femmes membres du groupe punk Pussy Riot ont été condamnées chacune à deux ans de camp ce vendredi par un tribunal de Moscou pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse" à l'issue d'un procès médiatisé dans le monde entier.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, qui avaient chanté en février une "prière punk" dans la cathédrale du Christ-Sauveur à Moscou, demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir, ont "violé l'ordre public" et "offensé les sentiments des croyants", sans exprimer de repentir, a déclaré la juge Marina Syrova.

Lors de la lecture du jugement, qui a duré près de trois heures, les trois jeunes femmes ont été reconnues coupables de "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse". La juge Marina Syrova a mis l'accent sur le caractère "sacrilège" de l'intervention des Pussy Riot et leur "haine de la religion", citant largement les déclarations d'employés et membres de la sécurité de la cathédrale qui ont porté plainte pour les "souffrances morales" occasionnées par la "prière punk" des jeunes femmes.

"C'est une honte ! C'est une injustice !", ont crié plusieurs personnes dans la salle du tribunal à l'annonce du jugement, inférieur d'un an à ce qu'avait requis le procureur. Nadejda Tolokonnikova a souri en entendant sa condamnation.

 

Tensions aux abords du tribunal

Près du tribunal, un important dispositif policier avait été déployé et des barrières métalliques ont été placées de part et d'autre de la rue, empêchant de fait tout éventuel rassemblement de masse. Partisans et détracteurs des jeunes femmes ont afflué vers le bâtiment avant le début de la lecture du jugement.

Parmi les figures du mouvement de contestation du régime du président russe Vladimir Poutine, le blogueur pourfendeur de la corruption Alexeï Navalny a réussi à entrer dans le tribunal, ont constaté des journalistes de l'AFP. Le chef du Front de Gauche Sergueï Oudaltsov a, quant à lui, été interpellé au moment où il tentait de franchir une barrière près du bâtiment, de même que deux autres partisans des Pussy Riot. A Ekaterinbourg, dans l'Oural, une trentaine de personnes se sont rassemblées pour soutenir les Pussy Riot, a rapporté l'agence de presse Interfax. A Samara, dans la région de la Volga, neuf personnes ont été interpellés pendant une manifestation, selon la même source.

L’affaire a pris une dimension internationale avec des mobilisations partout dans le monde et des manifestations de soutien des plus grands artistes comme Paul Mc Cartney, Madonna, Sting et Yoko Ono.

 

Les Pussy Riot ne demanderont pas de grâce à Poutine

Le jugement intervient la semaine même où l'ex-agent du KGB a passé le cap des cent jours depuis son retour au Kremlin pour un troisième mandat présidentiel, une période au cours de laquelle il a renforcé le contrôle de la société civile afin de répondre à un mouvement de protestation inédit à son encontre. Selon un sondage de l'institut Levada, cité vendredi par le quotidien Vedomosti, la cote de popularité de Poutine est au plus bas depuis son arrivée à la tête de la Russie en 2000, avec seulement 48% de personnes satisfaites contre 25% d'insatisfaites. En mai dernier, une enquête d'opinion faisait état de 60% de satisfaits et de 21% d'insatisfaits.

Face à la résonance de l'affaire des Pussy Riot, le chef de l'Etat a semblé plaider début août en faveur d'une certaine indulgence, estimant que les jeunes femmes ne devaient pas être jugées "trop sévèrement". Mais dans une interview publiée vendredi par le journal Novaïa Gazeta, les prévenues ont indiqué qu'elles ne demanderaient pas à M. Poutine de les gracier. 

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