La France "préoccupée" du sort d'une jeune Pakistanaise

Dénoncée par des musulmans, la jeune fille de 11 à 12 ans risque la peine de mort au Pakistan. Dénoncée par des musulmans, la jeune fille de 11 à 12 ans risque la peine de mort au Pakistan.[ARIF ALI / AFP]

La France est "particulièrement préoccupée" par le sort de la jeune Pakistanaise chrétienne arrêtée pour blasphème et appelle les autorités pakistanaises à la libérer, a annoncé mardi le ministère des Affaires étrangères.

La France "salue la volonté du Président pakistanais de faire toute la lumière sur cette affaire et appelle les autorités pakistanaises à libérer cette jeune fille qui, selon certaines sources, serait atteinte de trisomie 21", a déclaré le porte-parole adjoint du Quai d'Orsay Vincent Floréani. "L'existence même du délit de blasphème porte atteinte aux libertés fondamentales, que sont la liberté de religion ou de conviction, ainsi que la liberté d'expression", a-t-il souligné. La France "engage le Pakistan à respecter ses engagements internationaux à ce sujet, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques ainsi que la Convention relative aux droits de l'enfant". 

La jeune Rimsha Masih ou Rifta Masih, de confession chrétienne, âgée de 11 ou 12 ans, a été arrêtée jeudi dans un quartier pauvre d'Islamabad et placée en détention provisoire, sur dénonciation de musulmans en colère exigeant qu'elle soit punie, selon la police. L’incident qui vaut à la fillette d’être aujourd’hui emprisonnée remonte au 17 avril dernier. Ce jour-là, l’enfant aurait brûlé une dizaine de pages du Noorani Qaida, un livret couramment utilisé pour apprendre les bases de la langue arabe et le Coran. Selon certains récits, la fillette avait tiré de vieux papiers d’un tas d’ordures pour servir de combustible au réchaud familial ; quelqu’un serait entré dans ce qui tient lieu de maison à sa famille et l’aurait accusée de brûler des pages portant des versets du Coran. Selon d’autres sources, la fillette aurait ramassé un vieil exemplaire du Noorani Qaida et l’aurait mis dans un sac plastique avant de jeter le tout sur un tas d’ordures

Le président Asif Ali Zardari a pris "sérieusement en considération" l'arrestation et a demandé au ministère de l'Intérieur de présenter un rapport sur cette affaire. Au Pakistan, pays très majoritairement musulman, le blasphème peut être puni de mort.

Le département d'Etat américain a dénoncé lundi une "affaire évidemment très gênante" et "exhorté le gouvernement pakistanais à protéger non seulement ses minorités religieuses, mais aussi les femmes et les filles" du pays.

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