Séisme en Chine : les rescapés vivent dans la hantise des éboulements

Des rochers de la taille de camions semi-remorque se sont encastrés dans des bâtiments le long de la route principale traversant le village. Au bord de l'eau, le métal tordu d'une moto dépasse d'un gros morceau de roche. Des pierres continuent parfois encore à dévaler des falaises, alarmant les secouristes et les soldats dépêchés sur place, qui doivent constamment guetter le moindre signe d'éboulement. [AFP] Des rochers de la taille de camions semi-remorque se sont encastrés dans des bâtiments le long de la route principale traversant le village. Au bord de l'eau, le métal tordu d'une moto dépasse d'un gros morceau de roche. Des pierres continuent parfois encore à dévaler des falaises, alarmant les secouristes et les soldats dépêchés sur place, qui doivent constamment guetter le moindre signe d'éboulement. [AFP]

Les rescapés du séisme qui a frappé vendredi une région reculée du sud-ouest de la Chine vivent dans l'angoisse de nouveaux éboulements, coulées de boue ou effondrements de maison qui pourraient être provoqués par les nombreuses répliques ainsi que des pluies.

"Nous avons tous très peur de pénétrer à l'intérieur des bâtiments", a déclaré à l'AFP Mu Xianchun, une paysanne qui a découvert sa maison en ruines au retour de sa journée de travail aux champs.

"J'ai perdu tout le maïs que je venais de récolter, ainsi que tous mes outils. C'était toute ma vie et je n'ai plus d'avenir, maintenant", se désole cette femme âgée de 46 ans, debout devant une tente de fortune installée sur le terrain d'une école du bourg de Yiliang.

Mme Mu vivait dans le village de Maoping, dans une demeure peu résistante aux secousses construite sur les bords de la rivière Nanpan, qui serpente au fond d'une étroite vallée bordée de hautes falaises.

Aussi le village de Maoping n'avait-il aucune chance d'échapper aux glissements de terrain provoqués par le séisme de magnitude 5,6 qui a frappé cette région située à la frontière des provinces du Guizhou et du Yunnan (sud-ouest).

Des rochers de la taille de camions semi-remorque se sont encastrés dans des bâtiments le long de la route principale traversant le village. Au bord de l'eau, le métal tordu d'une moto dépasse d'un gros morceau de roche. Des pierres continuent parfois encore à dévaler des falaises, alarmant les secouristes et les soldats dépêchés sur place, qui doivent constamment guetter le moindre signe d'éboulement.

Les habitants ont pour leur part presque entièrement déserté Maoping pour aller se réfugier ailleurs. Certains ont suivi les conseils des secouristes alors que d'autres s'étaient déjà mis en route avant l'arrivée des véhicules de la croix rouge, de l'armée et des ambulances.

Le tremblement de terre a fait 80 morts et au moins 820 blessés, selon les derniers chiffres du gouvernement.

"Il va bientôt pleuvoir et la situation va empirer", prédit un villageois en serrant deux énormes sacs contenant ses biens.

Alors que les nuages s'amoncellent au-dessus les cimes des montagnes, le rythme de l'exode s'accélère dans cette vallée du district de Yiliang, l'un des plus touchés par le séisme.

Beaucoup d'habitants ont pris des bus à destination de la ville proche de Zhaotong, tandis que d'autres se sont dirigés vers Yiliang, le chef-lieu du district.

Les écoles de la région ont été transformées en centres d'hébergement, tout comme les principales places publiques de cette partie pauvre et enclavée de la province du Yunnan.

Dans l'une des tentes érigées à l'extérieur de l'hôpital de Yiliang, Qing Liu, un homme âgé de 40 ans, sourit tout en jouant aux cartes et en mangeant des nouilles instantanées avec ses enfants. Il est heureux d'avoir eu la vie sauve, ainsi que sa famille.

"La maison ne cessait de trembler et avec mes quatre enfants, je ne pouvais pas y rester. Ce tremblement de terre était terrifiant", se souvient-il.

Le contraste est saisissant dans la région entre d'un côté Maoping avec ses rues désertes et ses bâtiments effondrés, et de l'autre le bourg de Yiliang, où ont été érigées de nombreuses tentes bleues pour accueillir les personnes déplacées.

Dans la cour de l'école, Wen Yijiang, une femme âgée de 78 ans qui porte le costume traditionnel de la région, affirme que ce tremblement de terre marquera les esprits à jamais.

"Nous sommes tous terrifiés. Même lorsque les gens commenceront à rentrer chez eux, rien ne sera plus comme avant", a-t-elle affirmé à l'AFP.

Vous aimerez aussi

Effondrement du viaduc de Gênes : le récit des miraculés
catastrophe Effondrement du viaduc de Gênes : le récit des miraculés
Italie Effondrement d'un viaduc à Gênes : les 4 Français décédés originaires d'Occitanie
Les services de secours italiens fouillent les décombres du viaduc effondré à Gênes, le 14 août 2018 [Valery HACHE / AFP]
Italie Au milieu des décombres à Gênes, la recherche effrénée de survivants

Ailleurs sur le web

Derniers articles