Chevaline : audition attendue de la fillette sortie du coma

Zainab, 7 ans, seul témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), est sortie dimanche du coma artificiel, tandis que sa soeur Zeena, 4 ans, est rentrée au Royaume-Uni où leur oncle était interrogé comme témoin pour le deuxième jour consécutif. [AFP] Zainab, 7 ans, seul témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), est sortie dimanche du coma artificiel, tandis que sa soeur Zeena, 4 ans, est rentrée au Royaume-Uni où leur oncle était interrogé comme témoin pour le deuxième jour consécutif. [AFP]

Zainab, 7 ans, seul témoin à pouvoir peut-être décrire la scène de la tuerie de Chevaline (Haute-Savoie), est sortie dimanche du coma artificiel, tandis que sa soeur Zeena, 4 ans, est rentrée au Royaume-Uni où leur oncle était interrogé comme témoin pour le deuxième jour consécutif.

Pendant ce temps, les policiers britanniques avec leurs hologues français ont repris dès l'aube et pour la journée la perquisition de la vaste maison familiale des al-Hilli à Claygate, dans le comté du Surrey, à une quarantaine de kilomètres au sud de Londres. Les opérations se poursuivront "certainement lundi", selon une source proche de l'enquête.

La coopération est "sans heurts" et marche "très bien" entre les services des deux pays, a commenté un porte-parole de la police du Surrey, remarquant que cette affaire "est intéressante en ce qu'il n'est pas habituel que nous ne suivions pas nos propres procédures, ne fournissant ici qu'une assistance".

La petite Zainab, touchée par balle à l'épaule au cours de la tuerie et violemment frappée à la tête, est sortie du coma artificiel où les médecins l'avaient plongée pour soulager son corps, a déclaré dimanche à l'AFP le procureur de la République d'Annecy, Eric . "Mais elle est sous sédatifs et n'est donc toujours pas en mesure de répondre ", a-t-il ajouté. Quand elle ira mieux, elle sera interrogée par des policiers spécialisés dans le témoignage des enfants.

Outre ses blessures et la terreur sans doute ressentie au moment des faits, Zainab a perdu ses deux parents, Saad et Iqbal al-Hilli, dans la tuerie. Une femme plus âgée d'origine suédoise, présente dans la voiture (selon le Sunday Telegraph, cette "proche relation" avait 74 ans et portait le même nom de famille que la mère des fillettes), est morte aussi, ainsi qu'un cycliste français. Tous ont reçu de multiples balles, dont deux dans la tête pour chacun.

Zeena, qui s'était cachée sous les jambes de sa mère dans la voiture et a été retrouvée dans la même position par les enquêteurs huit heures plus tard, est pour sa part rentrée en Grande-Bretagne "à l'heure du déjeuner", selon M. Maillaud, accompagnée de membres de sa famille dont il n'a pas donné les noms. La fillette a entendu la tuerie mais n'a rien vu.

Pendant ce temps, Zaid al-Hilli, le frère de leur père Saad, a été entendu toute la journée de dimanche comme témoin par les policiers du Surrey, agissant pour le compte des gendarmes français. Cette audition avait commencé samedi. M. al-Hilli a passé la nuit "libre", ni dans les locaux de la police ni chez lui, "en raison de la présence de la presse", a précisé une source proche de l'enquête.

Les enquêteurs souhaitent élucider la rumeur d'un différend d'ordre financier, qui aurait opposé les deux frères.

Zaid al-Hilli s'était de lui-même présenté à la police britannique dès le lendemain de la fusillade, pour se défendre de toute implication.

Interviewé par le journal dominical Sunday Telegraph, un cousin des deux frères vivant en Australie, Ali al-Hilli, a assuré que Zaid "était en état de choc", "anéanti", après l'annonce de la mort de ses proches. "Il n'arrêtait pas de répéter: +pourquoi, pourquoi, pourquoi? Comment ça a pu arriver?+", a déclaré ce cousin.

Zaid al-Hilli travaille selon le journal depuis plus de dix ans pour Burhill Group Ltd, un groupe qui possède notamment des golfs et des biens immobiliers.

Ali al-Hilli, dont la famille a quitté l'Irak pour des raisons politiques un an avant celle de Saad al-Hilli, décrit Zaid comme plus calme que son frère, qui était "plus énergique". Il a démenti l'hypothèse d'une "fortune" familiale qu'aurait laissée leur père Kadhim, mort en Espagne l'an dernier, et a dit ne pas être au courant d'une dispute entre les deux frères.

Le Sunday Times a assuré dimanche avoir parlé à un enquêteur selon lequel les premières analyses balistiques concluent à la présence de plus d'un tireur sur les lieux.

Dimanche, les gendarmes de la section de recherches de Chambéry ont fait une nouvelle enquête de voisinage près des lieux de la tuerie et dans les campings proches, afin de recueillir des témoignages permettant "d'affiner très précisément l'emploi du temps" de la famille al-Hilli le jour du drame, selon le commandant de la section de Chambéry, le lieutenant-colonel Benoît Vinnemann.

Ils ont récupéré aussi toutes les vidéos, type caméra de surveillance, qui pourraient donner des éléments sur le ou les tueurs. "Il n'y a aucun répit pour les enquêteurs", a assuré le procureur Maillaud.

 

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