Hongrie : un ancien dirigeant communiste arrêté pour crime de guerre

Un ancien dirigeant communiste, Bela Biszku, a été arrêté à Budapest pour son rôle joué dans la répression de l'insurrection hongroise contre l'Union soviétique en octobre 1956, a annoncé lundi l'Office du procureur. [AFP] Un ancien dirigeant communiste, Bela Biszku, a été arrêté à Budapest pour son rôle joué dans la répression de l'insurrection hongroise contre l'Union soviétique en octobre 1956, a annoncé lundi l'Office du procureur. [AFP]

Un ancien dirigeant communiste, Bela Biszku, a été arrêté à Budapest pour son rôle joué dans la répression de l'insurrection hongroise contre l'Union soviétique en octobre 1956, a annoncé lundi l'Office du procureur.

"Bela Biszku a été arrêté pour crimes de guerre, en relation avec deux fusillades qui ont causé la mort de plusieurs personnes lors des événements à la suite de l'insurrection de 1956", a indiqué le Procureur principal de Budapest, Tibor Ibolya, devant des journalistes.

La première fusillade a eu lieu le 5 décembre 1956 à la gare de l'Ouest à Budapest et a fait cinq morts. La deuxième à Salgotarjon, une ville dans le nord du pays près de la frontière slovaque, a eu lieu trois jours plus tard, le 8 décembre, et a fait 46 morts.

Selon le parquet, Biszku était l'un de ceux qui ont ordonné ces fusillades.

A l'époque, il n'était pas encore ministre de l'Intérieur, mais était membre du gouvernement temporaire de Janos Kadar, qui a pris le contrôle du pays à la suite du soulèvement d'octobre 1956.

"S'il est reconnu coupable, ce crime est passible d'une peine de prison à vie", a ajouté M. Ibolya. Bela Biszku, qui a été ministre de l'Intérieur entre 1957 et 1961, aura 91 ans jeudi. Il est le dernier dirigeant encore en vie, selon le procureur, qui pourra être tenu responsable pour son rôle joué lors de l'insurrection, qui a été écrasée par l'URSS.

Le procureur a indiqué qu'il n'était pas nécessaire de le placer en détention préventive.

Le Tribunal de Buda, en première instance, a décidé lundi soir d'assigner à résidence l'ancien dirigeant hongrois, qui a fait appel de cette décision et a porté plainte contre l'accusation, affirmant son innocence.

L'appel de Biszku devrait être traité la semaine prochaine par le Tribunal. Si l'assignation à résidence est confirmée, il ne pourra pas quitter Budapest sans la permission des autorités.

L'année dernière, le gouvernement conservateur de Viktor Orban avait modifié la législation hongroise, pour que les personnes suspectées d'avoir participé aux représailles après l'insurrection du soulèvement d'octobre 1956 puissent être traduites en justice.

Suite cette décision, plusieurs députés du parti d'extrême-droite Jobbik ont déposé plainte contre Bela Biszku, qui avait déclaré dans un entretien télévisé en 2010 qu'il n'avait rien à se reprocher et qu'Imre Nagy, le chef du gouvernement hongrois de 1953 à 1956 et exécuté en 1958 par les communistes, "avait eu ce qu'il méritait".

La police a également trouvé des cartouches de fusil dans son appartement, a ajouté le procureur, provenant de son ancien hobby, la chasse. "Mais comme il ne possède plus de permis de chasse, il pourrait être également être inculpé pour détention illégale d'armes à feu".

Le soulèvement contre le régime soviétique avait débuté le 23 octobre 1956 par une manifestation étudiante et fut réprimé dans le sang le 4 novembre par les chars envoyés par Moscou.

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