Nucléaire : le conseil de l'AIEA en quête d'unité

Les gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se replongent à partir de lundi dans l'épineux dossier du nucléaire iranien, avec des pays occidentaux désireux d'épingler Téhéran, accusé de ne pas jouer franc-jeu. [AFP] Les gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se replongent à partir de lundi dans l'épineux dossier du nucléaire iranien, avec des pays occidentaux désireux d'épingler Téhéran, accusé de ne pas jouer franc-jeu. [AFP]

Les gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) se replongent à partir de lundi dans l'épineux dossier du nucléaire iranien, avec des pays occidentaux désireux d'épingler Téhéran, accusé de ne pas jouer franc-jeu.

Même si les délégations des 35 pays membres du conseil doivent aborder d'autres sujets comme la sûreté ou les activités nucléaires de la Corée du Nord, la problématique iranienne sera de nouveau au coeur des débats.

Dans son dernier rapport, l'AIEA a pour la énième fois déclaré ne pas être en mesure de dire avec certitude si le programme nucléaire de l'Iran était purement pacifique, comme l'affirme Téhéran.

Elle a clairement accusé les autorités iraniennes d'effacer des traces sur le site militaire de Parchin, près de Téhéran, où elle soupçonne des activités nucléaires illicites. "Quand l'agence pourra accéder sur les lieux, sa capacité à procéder à une vérification efficace aura été considérablement entravée", dit-elle.

"L'Iran continue à ne pas remplir ses obligations", estime un diplomate occidental, jugeant qu'une résolution condamnant l'Iran serait appropriée ou bien au moins une déclaration ferme du groupe des 5+1 (Etats-Unis, Chine, Russie, Grande-Bretagne, France et l'Allemagne), sans compter un renforcement des sanctions contre l'Iran, comme l'envisage l'Union européenne.

Il s'agit surtout de convaincre la Russie et la Chine, toujours plus réservées dans ce dossier, de frapper du poing sur la table de concert avec les Occidentaux.

L'AIEA, dans son rapport, montre aussi qu'en dépit de sanctions internationales sans précédent -- dont celles mises en place cet été sur les exportations pétrolières -- l'Iran a doublé sa capacité d'enrichissement d'uranium à Fordo, site enfoui sous une montagne et le seul considéré comme à l'abri de frappes militaires.

L'uranium enrichi est utilisé pour la production d'électricité ou d'isotopes médicaux, servant à diagnostiquer certains cancers, mais, purifié jusqu'à 90%, il entre dans la fabrication de l'arme atomique.

L'Iran enrichit jusqu'à 20% et peut transformer rapidement l'uranium en matériau utilisable dans une bombe, selon des experts. Mais le pays nie catégoriquement vouloir fabriquer l'arme atomique.

L'absence d'avancée entre l'Iran et l'AIEA offre aussi des arguments à Israël pour menacer d'une intervention militaire en Iran et faire pression sur le président des Etats-Unis, Barack Obama, en pleine campagne électorale, pour plus de fermeté envers la République islamique.

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