Syrie : Brahimi entame sa mission de paix

Le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, débute lundi au Caire sa délicate mission de paix, au lendemain d'un sanglant attentat à Alep, la métropole du nord de la Syrie meurtrie par sept semaines de combats. [UNITED NATIONS] Le nouveau médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, débute lundi au Caire sa délicate mission de paix, au lendemain d'un sanglant attentat à Alep, la métropole du nord de la Syrie meurtrie par sept semaines de combats. [UNITED NATIONS]

Le médiateur international pour la Syrie, Lakhdar Brahimi, rencontre lundi au Caire des responsables égyptiens et arabes au début de sa délicate mission de paix, parallèlement à une réunion ministérielle régionale incluant l'Iran.

La guerre civile en Syrie, déclenchée en mars 2011 par une contestation pacifique qui s'est militarisée face à la brutale répression, était au coeur des débats du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU où le chef des Nations Unies Ban Ki-moon a appelé à juger les auteurs de "crimes de guerre".

Près de 18 mois après le début des violences qui ne connaissent aucun répit, rien ne permet de croire à une solution proche tant sont grandes la haine entre la rébellion et le régime de Bachar al-Assad et les divergences entre les grandes puissances sur les moyens de régler le conflit.

C'est dans ce contexte critique que M. Brahimi entame au Caire sa première mission depuis sa prise de fonction officielle le 1er septembre comme émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe, qui pourrait être suivie d'une visite à Damas.

Il a succédé à Kofi Annan qui a démissionné le 2 août en admettant l'échec de plusieurs mois d'efforts, qu'il a attribué à un manque de soutien de la communauté internationale divisée entre Russes, Chinois et Iraniens, alliés du régime, et Occidentaux, Arabes et Turcs, partisans d'un départ de M. Assad.

Selon des sources officielles, M. Brahimi doit rencontrer dans la matinée Nabil al-Arabi, le patron de la Ligue arabe qui a suspendu la Syrie de ses travaux puis le président égyptien Mohamed Morsi, favorable à un départ du régime qu'il a qualifié d'"oppressif".

Il verra ensuite le chef de la diplomatie égyptienne Mohammed Kamel Amr.

Il doit aussi discuter avec des membres de l'opposition syrienne, selon son porte-parole Ahmad Fawzi. La date de sa visite en Syrie sera fixée, selon M. Fawzi, une fois les derniers détails finalisés et le programme des rencontres en Syrie établi.

Groupe de contact Parallèlement, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir Abdollahian s'est rendu au Caire pour participer à la première réunion d'un "groupe de contact" sur la Syrie dont M. Morsi a proposé en août la création, selon plusieurs responsables iraniens.

Ce groupe, dont la mise en place n'a jamais été annoncée officiellement, doit comprendre outre l'Egypte et l'Iran, l'Arabie saoudite et la Turquie.

Pourtant, Damas avait affirmé vendredi que M. Morsi avait "signé l'arrêt de mort" de ce groupe par ses appels à un changement de régime.

Depuis sa nomination, M. Brahimi n'a cessé de répéter que l'avenir de la Syrie serait "déterminé par son peuple et par personne d'autre". Il a tenu à ne pas soulever trop d'espoirs et demandé le "soutien de la communauté internationale".

Si tous les pays soutiennent ses efforts, ils ne s'accordent pas sur les moyens de parvenir à un règlement. Pékin et Moscou ont bloqué au Conseil de sécurité de l'ONU trois résolutions condamnant le pouvoir.

Pendant ce temps, les violences continuent de plus belle, le régime se disant décidé à en finir avec une rébellion qu'il assimile à du "terrorisme".

A Alep, la métropole du nord meurtrie par huit semaines de combats, l'armée de l'air a pilonné plusieurs quartiers rebelles, tuant cinq civils au lendemain d'un attentat contre des bâtiments abritant des forces fidèles au régime qui a fait 27 morts, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Immeubles effondrés "Plusieurs immeubles se sont effondrés et les rebelles utilisent des batteries anti-aériennes" pour tenter de résister aux raids aériens, a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

L'artillerie lourde de l'armée a aussi visé Sayeda Zeinab, un haut lieu de pèlerinage chiite près de Damas, de même que des localités à Deraa (sud), Idleb (nord-ouest), Hama et Homs (centre) et dans la province de Damas. De violents combats avaient en même temps lieu dans ces secteurs d'où l'armée cherche à déloger les rebelles, a jouté l'ONG.

Les violences ont coûté la vie à 21 personnes, selon un bilan provisoire, les morts se comptant par dizaines tous les jours.

Depuis le début du conflit le 15 mars 2011, plus de 27.000 personnes ont été tuées selon l'OSDH, et des centaines de milliers ont été poussé à l'exil. En outre 1,2 million de Syriens à l'intérieur du pays dévasté ont besoin d'aide.

"Nous devons nous assurer que toute personne, des deux côtés, qui commette des crimes de guerre, des crimes contre l'humanité ou autres violations des droits de l'homme internationaux ou du droit humanitaire soient traduits en justice", a dit M. Ban devant les 47 Etats du Conseil des droits de l'homme de l'ONU réunis à Genève.

Navi Pillay, haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme, a elle demandé "une enquête immédiate" sur le massacre de Daraya, près de Damas, où plus de 500 corps ont été découverts le mois dernier.

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