Les Néerlandais plébiscitent l'Europe, l'extrême droite sanctionnée

Les Néerlandais ont plébiscité mercredi deux partis pro-européens, libéraux et travaillistes, tandis que l'extrême droite de Geert Wilders a été sanctionnée dans un scrutin législatif considéré comme un baromètre du sentiment anti-européen dans un des pays moteurs de la zone euro. [ANP] Les Néerlandais ont plébiscité mercredi deux partis pro-européens, libéraux et travaillistes, tandis que l'extrême droite de Geert Wilders a été sanctionnée dans un scrutin législatif considéré comme un baromètre du sentiment anti-européen dans un des pays moteurs de la zone euro. [ANP]

Les Néerlandais ont plébiscité mercredi deux partis pro-européens, libéraux et travaillistes, tandis que l'extrême droite de Geert Wilders a été sanctionnée dans un scrutin législatif considéré comme un baromètre du sentiment anti-européen dans un des pays moteurs de la zone euro.

Après les premiers décomptes, les libéraux du Premier ministre sortant de 41 sièges de députés sur 150 (contre 31 en 2010), les travaillistes de Diederik Samsom de 37 sièges (30 en 2010), loin devant les socialistes d'Emile Roemer (gauche dure eurosceptique), crédités de 16 sièges (15 en 2010).

Si ces résultats devaient se confirmer, Mark Rutte devrait se succéder à lui-même et les Pays-Bas continuer à s'aligner sur l'Allemagne en matière d'austérité budgétaire sur la scène européenne.

"C'est un grand encouragement pour l'agenda que nous avons défendu pour sortir ce pays de la crise", a assuré Mark Rutte à ses partisans, rassemblés à La Haye, en référence aux premiers décomptes : "le VVD (le parti libéral, ndlr) n'a jamais été aussi grand que ce soir".

Prudent, il a toutefois assuré vouloir attendre le décompte final avant de se proclamer plus grand parti des Pays-Bas : "les travaillistes pourraient encore gagner".

Des résultats plus précis doivent toutefois être publiés tout au long de la nuit, au fil des décomptes, et donner une idée plus précise de la composition de la prochaine chambre basse du parlement, les résultats définitifs devant être confirmés lundi par le Conseil électoral.

Hasard du calendrier, la Cour constitutionnelle allemande a autorisé mercredi l'adoption par Berlin des derniers mécanismes de sauvetage de la zone euro, levant une incertitude majeure sur la gestion de la crise financière.

"Les Pays-Bas ont besoin d'un gouvernement stable aussi tôt que possible", a pour sa part lancé Diederik Samsom sous les applaudissements de ses partisans, réunis à Amsterdam : "nous souhaitons participer à ce gouvernement du moment que les résultats de ce soir seront fidèlement représentés dans le programme du nouveau gouvernement".

Malgré d'évidentes divergences d'opinion sur l'austérité, les analystes tiennent depuis plusieurs jours pour acquis que les libéraux s'allieront aux travaillistes, considérés comme plus proches de la position de la France, dont le président François Hollande prône une relance économique, pour former la colonne vertébrale d'une coalition gouvernementale de centre-droit.

 

L'extrême droite perd près de la moitié de ses sièges

Le parti d'extrême droite de , europhobe et militant pour une sortie de la zone euro, enregistre un revers spectaculaire: il est crédité de 15 sièges, soit à peine un peu plus de la moitié des 24 obtenus aux législatives de 2010.

"J'aurais préféré être devant vous avec de bonnes nouvelles", a réagi M. Wilders, allant jusqu'à essuyer une larme devant ses partisans à La Haye. Il a en effet été détrôné de sa première position dans de nombreuses villes de la province du Limbourg (sud-est), son traditionnel bastion.

"Ils doivent être en train de faire la fête à Bruxelles (...), et c'est dommage", a ajouté le député, également connu pour sa lutte contre ce qu'il appelle "l'islamisation des Pays-Bas".

"Demain nous panserons nos blessures", a-t-il poursuivi avant de conclure: "La lutte n'est pas finie!".

Les Pays-Bas ne peuvent pas se passer de l'Europe

Aux Pays-Bas, le poste de Premier ministre revient traditionnellement au chef de file du parti le plus important. La formation d'un gouvernement de coalition pourrait prendre plusieurs semaines, voire des mois.

Obligés de composer avec un électorat de plus en plus hostile aux plans d'aide à la Grèce et aux "bureaucrates" de Bruxelles, travaillistes et libéraux, traditionnellement pro-européens, ont durci le ton vis-à-vis de l'UE lors de la campagne électorale.

Ils ont toutefois souvent martelé que les Pays-Bas, dont l'économie, 5e de la zone euro, est tournée vers l'étranger, ne peuvent pas se passer de l'Europe.

C'est à la suite d'un désaccord sur la réduction du déficit public avec son allié au parlement, le parti de Geert Wilders, que le gouvernement minoritaire de centre-droit de Mark Rutte avait démissionné en avril.

M. Wilders avait alors refusé de soutenir un budget d'austérité imposé, selon lui, par les "diktats de Bruxelles".

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