Golfe : manoeuvres navales de déminage

Conférence de presse du général Mohammad Ali Jafari, commandant en chef des Gardiens de la révolution, le 16 septembre 2012 à Téhéran [Atta Kenare / AFP] Conférence de presse du général Mohammad Ali Jafari, commandant en chef des Gardiens de la révolution, le 16 septembre 2012 à Téhéran [Atta Kenare / AFP]

Des manoeuvres navales de déminage sous commandement de la marine américaine ont commencé dimanche dans le Golfe avec en arrière-plan les tensions internationales autour du programme nucléaire controversé de l'Iran.

Une vingtaine de pays participent du 16 au 27 septembre à cet exercice international, baptisé Incmex, a indiqué dans un communiqué le quartier général régional des forces navales américaines à Manama (Bahrein).

Dimanche, le chef des Gardiens de la révolution iraniens, le général Mohammad Ali Jafari, avait menacé de cibler le détroit d'Ormuz qui ferme le Golfe et par où transite une partie importante du trafic pétrolier mondial, en cas d'attaque militaire contre son pays. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait le même jour appelé Washington et le monde à fixer à Téhéran une "ligne rouge" à ne pas dépasser, estimant que l'Iran avait fait "90%" de ce qui est nécessaire en matière d'enrichissement d'uranium pour se doter de l'arme atomique.

Le QG naval américain a tenu à souligner le caractère "globalement défensif" de l'exercice.

La flottille internationale "conduit un exercice défensif destiné à assurer la liberté de navigation dans les eaux internationales du Moyen-Orient et à promouvoir la stabilité régionale", a-t-il précisé dans son communiqué.

Selon le scénario retenu pour l'exercice, les navires engagés "répondront à une attaque simulée sous la forme d'un minage des eaux internationales, en dégageant les routes maritimes pour faire respecter la liberté de navigation".

Les responsables militaires américains assurent que ces manoeuvres ne visent pas particulièrement l'Iran. "Le thème de l'exercice, c'est le minage et la contribution à un effort international pour s'en débarrasser", a insisté le chef des forces navales américaines dans la région du Golfe, le vice-amiral John Miller.

Le New York Times avait assuré cependant le 10 septembre que le gouvernement du président Barack Obama voulait accentuer la pression sur l'Iran pour l'amener à négocier sérieusement et éviter ainsi les périls d'une éventuelle opération préventive israélienne contre les installations nucléaires iraniennes. Le journal rangeait l'exercice de déminage en cours comme l'un de ces moyens de pression.

Les dirigeants israéliens ont menacé à plusieurs reprises de frapper les sites nucléaires iraniens si les sanctions et les efforts diplomatiques de la communauté internationale ne parvenaient pas à convaincre Téhéran de mettre un terme à ses recherches sur l'arme atomique.

Faisant monter les enchères, le général Jafari a averti dimanche dans une exceptionnelle conférence de presse à Téhéran qu'"il ne restera rien d'Israël, compte tenu de sa petite taille et de nos capacités balistiques" si ce dernier osait attaquer l'Iran.

Toutefois, le chef des Pasdaran a réaffirmé que "les Etats-Unis ont beaucoup de vulnérabilité autour de l'Iran et leurs bases (dans la zone moyen-orientale) sont à portée de nos missiles". Et que, pour cette raison, une attaque contre l'Iran est improbable. Israël "ne parviendra pas à convaincre les Etats-Unis de s'associer à une attaque contre l'Iran", et l'Etat hébreu "n'attaquera pas sans le feu vert des Américains", a-t-il assuré.

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