Chine: nouvelle journée de manifestations anti-japonaises

Manifestation anti-japonaise le 18 septembre 2012 à Pékin [Mark Ralston / AFP] Manifestation anti-japonaise le 18 septembre 2012 à Pékin [Mark Ralston / AFP]

Des milliers de Chinois sont à nouveau descendus dans la rue mardi dans plusieurs villes du pays pour exiger que le Japon restitue à la Chine les îles Diaoyu/Senkaku, ont constaté les journalistes de l'AFP.

Le choix de la date de cette nouvelle vague de manifestations, autorisées par le pouvoir communiste, était destiné à marquer l'anniversaire de "l'incident de Moukden" qui, le 18 septembre 1931, avait fourni le prétexte à l'invasion de la Mandchourie par le Japon, l'un des préludes à la IIe guerre mondiale.

Des centaines d'entreprises et de restaurants japonais avaient mis leurs employés en congé par précaution.

A Pékin, en milieu de matinée, plus d'un millier de manifestants, calmes pour la plupart, se sont approchés de l'ambassade du Japon, protégée par six rangées de policiers anti-émeute et des barrières métalliques de deux mètres de haut.

Des protestataires ont jeté sur la mission diplomatique des bouteilles d'eau en plastique et des oeufs. Quelques échauffourées ont eu lieu entre manifestants et forces de l'ordre, tandis qu'un hélicoptère survolait la scène.

"Les Japonais dehors des Diaoyu !", "Boycottons les produits japonais !", pouvait-on lire sur les caliquots, tandis que beaucoup de protestataires arboraient des portraits de Mao Tse-toung, le fondateur de la République populaire de Chine, mort en 1976.

A Shanghai, plus de trois mille personnes se sont dirigées vers le consulat du Japon, selon ce dernier joint au téléphone, en dépit des tentatives de la police pour les en dissuader. Pu Lingkuang, 34 ans, qui travaille à Shanghai, a déclaré à l'AFP en brandissant un portrait du "Grand timonier": "J'adore Mao. Si Mao était toujours là, nous irions tout simplement nous battre contre le Japon".

Certains manifestants portaient des badges les identifiant comme des membres d'une organisation intitulée Alliance patriotique des volontaires de Chine. Les autorités avaient organisé le transport par autobus devant l'hôtel de ville et d'autres endroits de la capitale économique, ont déclaré des participants à la manifestation.

A Shenzhen (sud), où des violences avaient éclaté lors de précédentes manifestations anti-japonaises la semaine dernière, plusieurs milliers de protestataires -4.000 selon un policier--, jeunes pour la plupart, ont commencé à défiler dans le centre-ville en arborant des drapeaux chinois, des portraits de Mao et en scandant "Allez la Chine !"

"La Chine ne sera plus jamais humiliée", "A bas l'impérialisme japonais", "Vive la République populaire de Chine", figuraient parmi les slogans entonnés par la foule.

Le conflit autour de la souveraineté des Diaoyu/Senkaku provoque en Chine des poussées de fièvre nationaliste récurrentes.

La référence à Mao, assez rare aujourd'hui, survient alors que se tient à Chengdu (sud-ouest) le procès de Wang Lijun, ex-bras droit du dirigeant néo-maoïste Bo Xilai, déchu en début d'année suite à un retentissant scandale qui a exposé au grand jour les luttes intestines au sommet du pouvoir en Chine.

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