Le gouvernement indien sur la corde raide après le retrait annoncé d'un parti

Un militant du parti du Congrès Trinamool (TMC) porte sur le front l'image de la chef de cette formation, Mamata Banerjee, le 2 juin 2012 [Deshakalyan Chowdhury / AFP/Archives] Un militant du parti du Congrès Trinamool (TMC) porte sur le front l'image de la chef de cette formation, Mamata Banerjee, le 2 juin 2012 [Deshakalyan Chowdhury / AFP/Archives]

Le retrait annoncé d'un parti clé de la coalition au pouvoir en Inde fait planer l'hypothèse d'élections anticipées au moment où le gouvernement espère imposer des réformes cruciales pour relancer l'économie, estimaient mercredi les commentateurs.

Le parti du Congrès Trinamool (TMC) a annoncé mardi que ses six ministres allaient démissionner vendredi du gouvernement pour protester contre des réformes telles que l'ouverture du commerce de détail aux multinationales étrangères, déjà repoussée l'an dernier face à l'opposition du TMC.

Cette formation régionale a aussi annoncé que ses 19 parlementaires allaient retirer leur soutien au parti du Congrès, qui dirige la coalition gouvernementale et dépend du TMC pour une majorité au parlement.

Selon les analystes et l'opposition, le retrait du TMC signifie que les jours du gouvernement du Premier ministre, Manmohan Singh, sont désormais comptés et que des élections générales pourraient avoir lieu avant la date prévue de 2014.

"Le début de la chute du gouvernement de l'Alliance progressiste unie (United Progressive Alliance, UPA) a commencé", pronostiquait le porte-parole du principal parti d'opposition, le parti conservateur Bharatiya Janata Party (BJP), en référence à la coalition de partis de centre-gauche.

Interrogé par l'AFP, B.D. Verghese, un analyste au Centre for Policy Research, basé à Delhi, estimait aussi la tenue d'élections anticipées de moins en moins hypothétique, tout en s'interrogeant sur l'avantage qu'en tirerait l'opposition en pareil cas.

"L'idée d'élections anticipées s'est accrue mais reste à savoir si cela bénéficiera à l'opposition", a-t-il commenté, citant notamment le contexte économique difficile peu propice à une campagne électorale surfant sur la promesse d'une forte croissance.

La presse notait par ailleurs que les perspectives de voir le gouvernement promulguer de nouvelles réformes s'étaient sérieusement amenuisées face au retrait annoncé du TMC, dirigé par la populiste Mamata Banerjee.

"Engager des réformes audacieuses dans le secteur bancaire, des assurances et des retraites est une tâche difficile. Une autre hausse des prix des carburants semble improbable", avançait le quotidien The Times of India.

Les réformes annoncées prévoient notamment de permettre aux géants de la distribution tels que Walmart, Tesco ou Carrefour, ainsi qu'aux compagnies aériennes étrangères, d'opérer sur le marché indien. Les mesures prévoient aussi une hausse de 12% du tarif subventionné du gazole.

Un appel à la grève a été lancé pour jeudi par commerçants et transporteurs.

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