Tapis rouge pour Aung San Suu Kyi à Washington

Aung San Suu Kyi, le 18 septembre 2012 à Washington [Chip Somodevilla / Getty Images/AFP/Archives] Aung San Suu Kyi, le 18 septembre 2012 à Washington [Chip Somodevilla / Getty Images/AFP/Archives]

Washington déroule mercredi le tapis rouge pour l'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi, avec une rencontre sans précédent avec le président Barack Obama et la remise d'une prestigieuse médaille d'or du Congrès.

Le président Obama, lauréat 2009 du prix Nobel de la paix, doit recevoir pour la première fois l'opposante birmane, qui avait reçu ce prix en 1991, a annoncé à l'AFP un responsable américain.

Cette entrevue historique à la Maison Blanche ne sera pas ouverte à la presse.

M. Obama avait soutenu dès 2009 l'amorce d'un processus, alors impensable, de démocratisation de la Birmanie. La junte militaire, qui a tenu ce pays d'Asie du sud-est pendant un demi-siècle, a cédé la place en mars 2011 à un régime civil d'anciens généraux réformateurs. Le processus s'est déroulé sans effusion de sang et la Birmanie a changé de visage, notamment grâce à la libération de centaines de dissidents et l'élection de Aung San Suu Kyi comme députée de l'opposition.

Les Etats-Unis ont mis fin en juillet à la plupart des restrictions sur leurs investissements en Birmanie, y compris dans le gaz et le pétrole. Un nouvel ambassadeur est en poste depuis juillet, une première depuis 22 ans.

Aung San Suu Kyi est à Washington depuis lundi pour un voyage de trois semaines à travers les Etats-Unis, où, comme en Europe en juin, elle reçoit un accueil aussi prestigieux que chaleureux dans un pays où elle est adulée.

La plus prestigieuse distinction civile

Elle a retrouvé mardi la secrétaire d'Etat Hillary Clinton qu'elle avait très chaleureusement accueillie dans sa maison délabrée et mythique de Rangoun en décembre 2011. Libérée fin 2010 de résidence surveillée après avoir passé 15 années privée de liberté, la "Dame de Rangoun" a plaidé pour la levée de toutes les sanctions imposées par Washington ces deux dernières décennies. Des restrictions qu'elle avait pourtant soutenues à l'époque pour faire pression sur les militaires alors au pouvoir.

Mme Clinton lui a répondu qu'il "rest(ait) du travail" pour que "l'opposition et le gouvernement oeuvrent à l'unité du pays", la mettant en garde contre de possibles "retours en arrière".

L'opposante aura encore vers 15H00 (19H00 GMT) tous les honneurs des institutions américaines lorsqu'elle se rendra au Congrès pour se voir remettre sa médaille d'or, la plus prestigieuse distinction civile aux Etats-Unis qui lui avait été décernée en 2008. Elle était à l'époque en résidence surveillée.

C'est un représentant démocrate, Joe Crowley, avocat de longue date des droits de l'homme en Birmanie, qui est à l'origine de cette récompense. Il a exprimé la joie des élus des deux partis d'accueillir Suu Kyi.

Souhaitant toutefois maintenir la pression sur le nouveau régime en Birmanie --dont le nom officiel reste le "Myanmar"-- le Congrès avait prolongé en août l'embargo sur les importations birmanes.

Mardi, la chef de la diplomatie américaine s'est aussi inquiétée des violences communautaires entre bouddhistes et la minorité musulmane rohingya dans l'ouest du pays, ainsi que des liens continus entre la Birmanie et la Corée du Nord.

La tournée américaine de Aung San Suu Kyi coïncide avec la venue du président birman Thein Sein, attendu la semaine prochaine à l'assemblée générale de l'ONU, pour la première fois en tant que chef de l'Etat.

Le centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) de Washington avait plaidé pour que le président Obama rencontre son homologue birman, au même moment que Suu Kyi, afin de ne pas minimiser son "rôle courageux" dans les réformes.

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