Une première manifestation anti-chinoise à Tokyo

Des manifestants japonais à Tokyo, le 22 septembre 2012 [Rie Ishii / AFP] Des manifestants japonais à Tokyo, le 22 septembre 2012 [Rie Ishii / AFP]

Des centaines de Japonais se sont pour la première fois rassemblés samedi à Tokyo pour manifester contre Pékin, après une semaine entière de manifestations anti-japonaises en Chine autour d'un conflit territorial en mer de Chine orientale.

Une foule d'environ 800 personnes hérissée de drapeaux japonais a défilé pacifiquement dans le quartier chic de Roppongi, non loin de l'ambassade de Chine, pour dénoncer un "Etat brutal et fasciste".

"Nous ne cèderons jamais face aux menaces militaires chinoises", criaient les manifestants, tout en dénonçant les manifestations, parfois violentes, contre le Japon qui se sont déroulées pendant une semaine dans plusieurs villes chinoises, dont la capitale Pékin.

"On est énervés mais, nous, on ne va pas casser des boutiques ou des entreprises comme ils l'ont fait en Chine", dit à l'AFP Shuhei Takagi, un jeune de 21 ans en tenue camouflage.

Les manifestations hostiles au Japon ont notamment contraint les trois principaux constructeurs automobiles nippons, Toyota, Nissan et Honda, très implantés en Chine, à suspendre quelques jours totalement ou partiellement leurs activités.

Depuis plusieurs semaines, Pékin et Tokyo se livrent à des démonstrations de force autour d'un petit archipel contrôlé par Tokyo mais revendiqué par la Chine. Les îles Senkaku, appelées par Pékin Diaoyu, sont situées à environ 200 km au nord-est des côtes de Taïwan, et à 400 km à l'ouest de l'île d'Okinawa (sud du Japon). Trois des îles ont été achetées par le gouvernement japonais il y a environ deux semaines à leur propriétaire privé, une famille nippone, provoquant l'ire des autorités et de la rue chinoises.

Les tensions sino-japonaises, qui inquiètent tant Washington que l'ONU, ont également des répercussions dans de nombreux domaines comme le sport, la culture et le commerce, avec des manifestations annulées et des contrôles tatillons des douanes chinoises, selon des témoignages d'exportateurs japonais.

La compagnie aérienne Japan Airlines (JAL) a même annoncé vendredi qu'elle prévoyait une réduction de la fréquence de ses vols entre le Japon et la Chine à la mi-octobre.

Le différend est intervenu à une semaine du 40e anniversaire de la normalisation des relations diplomatiques entre la Chine et le Japon.

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