Ahmadinejad n'attend pas de progrès avant les élections américaines

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (g) et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le 23 septembre 2012 à New York [Stan Honda / AFP] Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad (g) et le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, le 23 septembre 2012 à New York [Stan Honda / AFP]

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a déclaré lundi qu'il ne prévoyait pas de progrès sur le dossier du nucléaire iranien, qui oppose son pays aux grandes puissances, avant les élections américaines de novembre.

"L'expérience montre que les décisions importantes, les décisions clés, ne sont pas prises aux Etats-Unis dans la période conduisant à l'élection" présidentielle, a-t-il déclaré dans un entretien au Washington Post.

Le président iranien a cependant réaffirmé que son pays était prêt à faire des progrès dans les discussions très difficiles menées avec les grandes puissances sur ce dossier.

"Nous avons toujours été prêts, et nous sommes prêts" à un accord qui repondrait aux inquiétudes des Occidentaux, a-t-il dit. "Nous avons aussi fait de bonnes propositions", a-t-il ajouté.

"Nous avons toujours voulu le dialogue. Nous avons une logique très claire: nous sommes convaincus que si tout le monde adhère aux règles du droit (international) et respecte toutes les parties, il n'y aura pas de problème", a-t-il déclaré.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir se doter de l'arme atomique sous couvert d'un programme nucléaire civil. L'Iran le nie, affirmant que son programme d'enrichissement d'uranium ne vise qu'à la production d'énergie et d'isotopes médicaux.

L'Iran, sous le coup de plusieurs séries de sanctions, et les grandes puissances sont engagés depuis des années dans un très difficile processus de discussions visant à trouver une issue diplomatique à ce différend. Mais la dernière réunion fin juin à Moscou entre les négociateurs iraniens et ceux des six grandes puissances (Etats-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne) s'est achevée sur un blocage.

Mahmoud Ahmadinejad a estimé dans cet entretien au Washington Post que le programme nucléaire iranien n'était qu'un prétexte et ne pouvait être la principale raison de la position des Occidentaux vis-à-vis de l'Iran.

"Pensez-vous vraiment que c'est la base du problème ?", a-t-il interrogé. "Que nous ayons quelques tonnes d'uranium enrichi à plus de 3%, croyez-vous que ce soit la seule préoccupation de ceux qui exercent tant de pression sur nous ?", a-t-il ajouté.

Mahmoud Ahmadinejad se trouve à New York pour l'Assemblée générale de l'ONU qui s'ouvre cette semaine. Il a recontré dimanche le secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon. Selon un responsable de l'ONU, ce dernier a mis en garde son interlocuteur contre "les conséquences potentiellement néfastes des rhétoriques enflammées" aux Proche-Orient.

Le président iranien met régulièrement en doute le droit à l'existence d'Israël qui, de son côté, brandit la menace d'une intervention militaire contre les sites nucléaires iraniens.

Ban Ki-moon, au cours de cet entretien, a aussi évoqué "les graves conséquences" de la crise syrienne et a demandé à l'Iran de donner des garanties sur la nature exclusivement civile de son programme nucléaire.

Ce dossier nucléaire iranien devrait une fois de plus être l'un des principaux sujets de l'Assemblée annuelle de l'ONU cette semaine.

La France, le Royaume-Uni et l'Allemagne ont d'ores et déjà demandé de nouvelles sanctions de l'Union européenne contre Téhéran.

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