Nucléaire iranien : Paris, Londres et Berlin demandent des sanctions

Les Iraniens Fereydoon Abbasi Davani et Ali Asghar Soltanieh le 17 septembre 2012 à Vienne [Alexander Klein / AFP/Archives] Les Iraniens Fereydoon Abbasi Davani et Ali Asghar Soltanieh le 17 septembre 2012 à Vienne [Alexander Klein / AFP/Archives]

La France, le Royaume Uni et l'Allemagne ont demandé officiellement de nouvelles sanctions de l'Union européenne contre l'Iran pour son programme nucléaire controversé, ont indiqué dimanche des diplomates.

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays, Laurent Fabius, William Hague et Guido Westerwelle ont écrit à la chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton à ce propos à la fin de la semaine dernière, a indiqué à l'AFP un diplomate européen.

Les ministres des Affaires étrangères de l'UE doivent en discuter lors d'une réunion à Bruxelles le 15 octobre.

"Il est nécessaire que nous intensifions les sanctions", a expliqué un autre diplomate. "Nous pensons qu'il reste du temps pour une solution politique, diplomatique et c'est ce à quoi nous travaillons, mais nous ne pouvons pas accepter que l'Iran dispose d'armes nucléaires", a-t-il ajouté.

Les Occidentaux et Israël soupçonnent l'Iran de vouloir acquérir l'arme atomique en prétextant un programme nucléaire civil, ce que Téhéran dément.

L'UE a déjà adopté une série de sanctions bancaires et commerciales contre Téhéran. La plus sévère est l'embargo pétrolier mis en place par l'UE et les Etats-Unis, entré officiellement en vigueur en juillet.

L'impasse dans le dossier nucléaire iranien, sur fond de menaces de frappes préventives de la part d'Israël, devrait être un des principaux thèmes de discussions lors de l'Assemblée générale de l'ONU qui s'ouvre mardi.

Etats-Unis, Royaume Uni, France, Chine, Russie et Allemagne doivent se concerter jeudi avec Mme Ashton sur ce dossier, en marge de l'Assemblée elle-même. Les six pays composent le groupe dit "5 + 1" chargé de négocier avec l'Iran.

Selon la secrétaire d'Etat adjointe pour les organisations internationales Esther Brimmer, une des priorités de Washington lors de l'Assemblée générale sera de "d'assurer l'application de sanctions internationales efficaces contre le programme nucléaire illégal de l'Iran".

Pour sa part, la Russie a indiqué qu'elle réitérerait son opposition à de nouvelles sanctions à l'occasion de la réunion "5 + 1" de New York.

La France s'était déclarée à la mi-septembre déterminée à "accroître les sanctions" sur l'Iran après l'adoption à Vienne par le conseil des gouverneurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) d'une nouvelle résolution dénonçant la poursuite par Téhéran de l'enrichissement de son uranium. Selon son degré d'enrichissement, l'uranium peut être utilisé pour la production d'électricité et d'isotopes médicaux ou permettre la fabrication de l'arme atomique.

De son côté, le président iranien Mahmoud Ahmadinejad est arrivé dimanche à New York où il doit prononcer mercredi un discours devant l'Assemblée générale. Il a été reçu dimanche après-midi par le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Selon une porte-parole de l'ONU, Vannina Maestracci, M. Ban "a invité l'Iran à prendre les mesures nécessaires pour rétablir la confiance de la communauté internationale dans le caractère exclusivement pacifique de son programme nucléaire".

M. Ban et le président iranien ont aussi discuté de la crise syrienne et des protestations dans le monde musulman à propos d'un film islamophobe.

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