Les deux Soudans seraient proches d'un accord

Les président du Soudan, Omar el-Béchir (d) et son homologue du Sud-Soudan, Salva Kiir (2eg) lors de discussions, le 25 septembre 2012 à Addis Abeba [Mulugeta Ayene / AFP] Les président du Soudan, Omar el-Béchir (d) et son homologue du Sud-Soudan, Salva Kiir (2eg) lors de discussions, le 25 septembre 2012 à Addis Abeba [Mulugeta Ayene / AFP]

Les présidents du Soudan, Omar el-Béchir, et du Soudan du Sud, Salva Kiir, qui discutent depuis dimanche soir à Addis Abeba, sont proches d'un accord sur les différends qui ont conduit les deux pays au bord de la guerre au printemps, a annoncé mercredi la diplomatie éthiopienne.

"Le résultat final de la négociation entre les deux Soudans devrait être rendu public lors d'une conférence de presse" mercredi vers 10h30 GMT, selon un communiqué du ministère éthiopien des Affaires étrangères, hôte du sommet.

Aucun autre détail n'était disponible et aucune des deux délégations ne confirmait qu'un accord allait ou non être annoncé.

Des diplomates estimaient que des progrès dans les discussions laissaient espérer un accord partiel, mais pas un accord global embrassant l'ensemble des sujets de tensions, que la communauté internationale appelle de ses voeux.

"Il y a eu des progrès; pas sur toutes les questions, mais si un accord (partiel) peut-être trouvé c'est un progrès appréciable", a expliqué mercredi un diplomate occidental.

Après de précédents entretiens dimanche soir et lundi, les présidents el-Béchir et Kiir s'étaient à nouveau rencontrés pendant près de trois heures mardi soir à Addis Abeba, siège de l'Union africaine (UA). La journée de mardi avait auparavant été consacrée par les médiateurs à effectuer des navettes entre les deux délégations, dans le but d'arracher un accord.

Très peu d'informations ont filtré depuis dimanche sur le déroulement et l'avancée de ces discussions directes à huis clos, visant à régler définitivement les questions laissées en suspens par l'accord de paix de 2005, qui a mis fin à des décennies de guerres civiles entre rebelles du sud et gouvernement de Khartoum et débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011.

Les tensions entre les deux pays autour de ces questions - tracé de la frontière, statut de zones contestées particulièrement celle d'Abyei, pétrole, notamment - ont dégénéré entre mars et mai en combats frontaliers entre leurs deux armées, les plus intenses depuis la partition du Soudan.

La communauté internationale, très inquiète du risque d'un nouveau conflit à grande échelle entre Juba et Khartoum, belligérants de la plus longue guerre civile du continent, a accentué sa pression sur les deux chefs d'Etat pour qu'ils parviennent à un accord définitif sur les questions en suspens.

Un des points de désaccord majeur semble concerner la zone dite des "14 miles", une bande de terre frontalière s'étendant à 14 miles (22,5 km) au sud du cours d'eau Bahr el-Arab et revendiquée par les deux parties, selon des diplomates.

Le ministre soudanais de la Défense Abdelrahim Mohamed Hussein, cité par le Centre des médias soudanais, proche des services soudanais de renseignement, a assuré qu'il n'y aurait "aucun compromis autour de cette bande, territoire soudanais".

Le blocage autour de ce secteur semble en outre faire obstacle à la mise en place d'une zone démilitarisée de chaque côté de la frontière, sur laquelle les parties étaient censées se mettre d'accord au cours de ce cycle de négociations.

Cette zone-tampon vise à éviter toute reprise des affrontements frontaliers mais aussi à couper les lignes d'approvisionnement des mouvements rebelles actifs dans les régions soudanaises du Kordofan-Sud et du Nil-Bleu, que Khartoum accuse Juba de soutenir.

Dans une lettre au Conseil de sécurité de l'ONU fin juillet, Khartoum s'était insurgé contre une carte de l'UA délimitant provisoirement la frontière pour servir de base à l'établissement de la zone démilitarisée et plaçant la zone des "14 miles" côté sud-soudanais.

"On ne peut soutenir que la carte proposée par l'UA (...) ne concerne que la zone démilitarisée et n'aura pas de conséquences" sur le tracé final de la frontière, expliquait le Soudan, rejetant cette partie de la carte.

Début août, Khartoum et Juba ont conclu un accord sur le pétrole, notamment sur les redevances de passage du brut sud-soudanais par les oléoducs du nord, un des sujets les plus épineux entre les deux voisins.

Le Soudan du Sud a hérité de 75% des réserves de brut du Soudan d'avant la sécession mais dépend pour l'exporter des infrastructures du Nord. Des détails de cet accord pétrolier restent néanmoins à finaliser.

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