Violences après une manifestation pro-salafistes à Benghazi

Un garde libyen monte la garde après une attaque de manifestants à Benghazi, le 28 septembre 2012 [Abdullah Doma / AFP] Un garde libyen monte la garde après une attaque de manifestants à Benghazi, le 28 septembre 2012 [Abdullah Doma / AFP]

Des manifestants ont lancé des grenades contre les forces de sécurité et incendié des voitures vendredi à Benghazi après un rassemblement en faveur d'un groupe salafiste extrémiste chassé de la grande ville de l'Est libyen.

Plus de 200 hommes ont convergé vers l'hôpital Al-Jalaa de Benghazi, qui était gardé jusqu'à il y a une semaine par des membres des Partisans de la charia, repoussés de la ville par des manifestants anti-milices à l'issue d'un rassemblement massif le 21 septembre.

"Nous voulons que les Partisans de la charia reviennent et protègent cet hôpital", proclamaient vendredi les pancartes des manifestants, qui ont ensuite pris la direction d'un bâtiment de la sécurité.

Les policiers ont tiré des salves d'avertissement en l'air depuis l'intérieur de leur base, et les manifestants ont répliqué en lançant des grenades sur l'enceinte du bâtiment et en incendiant deux voitures garées à proximité.

L'armée est arrivée rapidement sur les lieux et la foule s'est dispersée, tandis que 25 soldats prenaient position à l'extérieur du bâtiment pour le protéger.

"Il n'y a pas eu de mort, nous avons pris le contrôle de la situation", a déclaré à l'AFP le général Manaa Ben Hamid, disant ignorer l'identité des assaillants.

Les Partisans de la charia sont soupçonnés, malgré leurs démentis, d'être impliqués dans l'attaque du consulat américain le 11 septembre à Benghazi, dans laquelle l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains avaient été tués.

A Tripoli, quelque 200 personnes ont manifesté contre les milices d'anciens combattants rebelles qui font la loi dans le pays et au sein desquelles le gouvernement tente de mettre de l'ordre.

Le grand mufti Sadeq al-Geriani, haute autorité religieuse du pays, avait pourtant appelé cette semaine, dans des propos largement repris, à ne pas manifester pour "éviter un bain de sang" face au faible niveau de sécurité et au risque de voir "les ennemis de la révolution" exploiter les troubles.

Le 21 septembre, les violences à Benghazi avaient fait 11 morts. Des milliers de manifestants avaient alors réclamé le démantèlement de tous ces groupes armés qui font la loi dans le pays depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en octobre 2011, et la création d'une armée et d'une police professionnelles.

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