La justice examine l'appel des Pussy Riot

Les Pussy Riot lors de leur procès le 17 août à Moscou [Natalia Kolesnikova / AFP/Archives] Les Pussy Riot lors de leur procès le 17 août à Moscou [Natalia Kolesnikova / AFP/Archives]

Le procès en appel de trois jeunes femmes du groupe Pussy Riot s'ouvre lundi dans la capitale russe, alors que le pouvoir a soufflé le chaud et le froid après leur condamnation décriée à deux ans de camp pour une "prière punk" anti-Poutine chantée dans la cathédrale de Moscou.

Nadejda Tolokonnikova, 22 ans, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, ont été condamnées le 17 août à deux ans de camp chacune pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse".

Elles avaient été arrêtées peu après avoir chanté en février dans la cathédrale du Christ-Sauveur, à deux pas du Kremlin, leur "prière punk" demandant à la Sainte Vierge de "chasser Poutine" du pouvoir.

Elles ont fait appel de ce jugement. Le procès doit débuter lundi à 11H00 (07H00 GMT) au Tribunal municipal de Moscou et le jugement devrait être prononcé dans la journée, selon les avocats de la défense qui se font peu d'illusions sur l'issue de l'appel.

"Nous n'avons pratiquement pas d'espoir que le jugement change", a déclaré à l'AFP l'avocate Violetta Volkova. "Le maximum sur lequel nous puissions compter est une réduction de six mois de la peine", a-t-elle ajouté, estimant par ailleurs que "seule une relaxe" pouvait constituer un "jugement légitime".

L'affaire a divisé la société en Russie et suscité l'indignation à travers le monde, dans un contexte d'inquiétudes sur la reprise en main du pays par M. Poutine après son retour au Kremlin.

Le Premier ministre russe Dmitri Medvedev, qui avait incarné pendant ses quatre années à la présidence (2008-2012) des espoirs de libéralisation de la Russie, a jugé mi-septembre la peine "sévère", tout en disant que l'affaire lui donnait "la nausée". Vladimir Poutine, qui avait lui aussi recommandé l'indulgence début août, a ensuite argué que les trois jeunes femmes s'étaient livrées à un véritable "sabbat" dans une église orthodoxe, et que l'Etat avait "l'obligation de protéger les sentiments des croyants".

Après leur condamnation, les jeunes femmes ont continué à recevoir des marques de soutien de l'étranger.

L'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi a appelé récemment à leur libération, la veuve de John Lennon, Yoko Ono, leur a décerné son prix pour la paix intitulé "LennonOno", et le Parlement européen a décidé de présenter leur candidature pour le prestigieux Prix Sakharov pour la liberté de l'esprit.

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