Vatileaks : audition des derniers témoins au 3e jour du procès

Le majordome du pape Paolo Gabriele auprès de Benoît XVI, le 6 juin 2007 [Vincenzo Pinto / AFP/Archives] Le majordome du pape Paolo Gabriele auprès de Benoît XVI, le 6 juin 2007 [Vincenzo Pinto / AFP/Archives]

Le procès de l'ex-majordome du pape, accusé d'avoir volé et transmis des centaines de documents confidentiels, a repris mercredi matin au Vatican et devrait être marqué par la comparution des derniers témoins, a-t-on indiqué à la salle de presse du Vatican.

Mardi, au deuxième jour du retentissant procès "Vatileaks", qui a mis au jour rivalités et tensions au Vatican, le majordome, prenant longuement la parole, s'était proclamé innocent de l'accusation de vol. Mais il s'était reconnu "coupable" d'avoir trahi la confiance de Benoît XVI, qu'il sentait "manipulé".

Aucune audience du procès de Paolo Gabriele n'est prévue jeudi, jour de la Saint-François, patron de l'Italie, durant lequel le pape se déplacera au sanctuaire marial de Loreto (est, côte adriatique).

Il devrait reprendre vendredi et pourrait s'achever déjà à la fin de la semaine, avant les rendez-vous importants qui attendent le Saint-Siège: dimanche la convocation du synode des évêques du monde entier sur la "nouvelle évangélisation" et jeudi le lancement par le pape de "l'Année de la foi" ainsi que la commémoration du 50ème anniversaire du Concile Vatican II.

Gabriele avait expliqué mardi avoir voulu aider le pape: "Ce qui m'a vraiment scandalisé est que lorsque je me retrouvais à la table du Saint-Père pour déjeuner il lui arrivait de me poser des questions sur des choses dont il aurait dû être informé", avait dit l'ex-employé modèle, surnommé "Paoletto".

Paolo Gabriele a affirmé avoir agi seul, "sans complice", mais reconnu avoir de nombreux "contacts" au Vatican, où il sentait un "mécontentement vaste et diffus".

Il est accusé de s'être emparé de centaines de documents confidentiels du pape pour les transmettre au journaliste Gianluigi Nuzzi. Ce dernier les a ensuite publiés dans un livre, "Sua santità" ("Sa Sainteté").

Plusieurs témoins étaient venus mardi à la barre, dont le secrétaire particulier du pape, Mgr Georg Gänswein.

Par ailleurs, l'ex-majordome s'était plaint de ses conditions de détention dans les vingt premiers jours après son arrestation le 23 mai. Le Vatican a décidé l'ouverture d'une enquête.

Paolo Gabriele encourt quatre ans de prison.

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