Les milices font la loi en Libye

Une milice dans les rues de Tripoli, en septembre 2012.[MAHMUD TURKIA / AFP]

La Libye peine à effacer plus de quatre décennies de règne de Mouammar Kadhafi. Alors qu’on célébrera samedi le premier anniversaire de la mort du dictateur, le pays reste confronté à une instabilité chronique.

De larges parties du territoire sont sous la coupe des quelque 500 milices recensées et les autorités peinent à assurer la sécurité, comme l’a démontré le mois dernier la mort de l’ambassadeur américain Chris Stevens, victime d’un raid mené par al-Qaida.

 

Les autorités impuissantes

 

Car le rapport de force entre les milices et l’armée est totalement déséquilibré. Alors qu’on estime le nombre de miliciens à environ 150 000, les autorités ne peuvent compter que sur 5 000 à 10 000 soldats. «Le gouvernement actuel ne possède aucun moyen de con­trainte sur les milices, à part acheter leur loyauté avec des valises remplies de billets, analyse Luis Martinez, politologue au Ceri (Centre d’études et de recher­ches internationales de Sciences-Po).

Mais cela coûte très cher.» En septembre, les habitants de Benghazi en étaient ainsi venus à intervenir eux-mêmes, se soulevant contre des miliciens islamistes. Dans la foulée, Tripoli avait lancé un ultimatum aux milices pour qu’elles désar­ment, sans succès.

Mais la sécurité ne constitue pas le seul défi des nouvelles autorités. «La reconstruction des villes et des infrastructures prend du temps et peut générer des conflits entre régions, certaines s’estimant défavorisées», explique Luis Martinez. Les autorités doivent aussi poursuivre la reconstruction d’un Etat en mettant en place une Constitution.

Enfin, elles sont attendues au tournant sur le sort du fils de Mouammar Kadhafi, Seif al-Islam, détenu en Libye. Les autorités souhaitent le juger elles-mêmes, malgré le fait qu’il soit réclamé par la Cour pénale internationale pour crimes contre l’humanité.

 

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