Ces armes chimiques que posséderait la Syrie

Photo d'illustration. (Des soldats anglais et américains lors de la guerre en Irak). [ODD ANDERSEN / AFP]

Les pays occidentaux s'inquiètent depuis quelques jours de la production et de l'éventuelle utilisation par le régime de Bachar al-Assad d'armes chimiques et biologiques contre le peuple syrien. Une préoccupation qui pourrait induire un basculement dans le conflit et rendre possible une intervention extérieure.

Lundi, Barack Obama a menacé Bachar al-Assad en cas d'usage d'armes chimiques. "Le recours à des armes chimiques est et serait totalement inacceptable. Si vous commettez l'erreur tragique d'utiliser ces armes, il y aura des conséquences et vous en répondrez", a souligné le président américain lors d'une allocution à Washington.

Jay Carney, porte-parole de la Maison Blanche, a expliqué que ces déclarations survenaient en raison de l'inquiétude des Etats-Unis "à l'idée qu'un régime de plus en plus assiégé (…) réfléchisse à l'utilisation d'armes chimiques contre les Syriens".

 

L'un des plus importants arsenal chimique du Moyen-Orient

Le sujet des armes chimiques et biologiques n'est donc pas nouveau dans le conflit syrien mais il refait surface aujourd'hui car la communauté internationale craint l'actuelle militarisation de ces armes par un régime en proie à des difficultés sur le terrain.

Ainsi, selon un responsable américaine, qui s'est confié à l'AFP sous couvert d'anonymat, la Syrie est en train de mélanger des précurseurs chimiques du gaz sarin alors que ces précurseurs sont habituellement stockés séparément par sécurité.

L'arsenal chimique et biologique syrien est considéré par les experts comme l'un des plus importants du Moyen-Orient, après avoir bénéficié de l'aide de la Russie et de l'Iran (pays toujours alliés au régime de Damas). Il reste tout de même difficile d'évaluer précisément les quantités réelles dont dispose le régime en raison de l'absence de chiffres publics.

Selon Leonard Spector, expert du centre d'études sur la non-prolifération à l'Institut Monterey, la Syrie disposerait de "centaines de tonnes d'agents chimiques divers".

 

Gaz sarin, gaz moutarde, VX...

Le régime de Damas possèderait ainsi du sarin, un gaz neurotoxique extrêmement dangereux, incolore et quasi-inodore. Considéré comme l'un des poisons les plus toxiques jamais mis au point par l'homme, il agit en bloquant la transmission de l'influx nerveux, provoquant la mort par arrêt respiratoire puis du cœur. Selon la Fédération des scientifiques américains, le gaz sarin pénètre par voie respiratoire ou par simple contact avec la peau et agit même à des doses infimes. C'est cette arme chimique qui a été utilisée par la secte Aum lors d'une attaque en juin 1994 dans la ville de Matsumoto (8 personnes tués et 200 hospitalisées) et le 20 mars 1995 dans le métro de Tokyo (12 personnes tuées et plus de 6.000 voyageurs intoxiqués).

La Syrie disposerait également du "gaz moutarde" (ypérite), composé chimique attaquant les voies respiratoires puis provoquant des brûlures chimiques au niveau des yeux, de la peau et des muqueuses.

Le régime de Bachar al-Assad possèderait également du VX, un autre gaz neurotoxique, dont la particularité est d'être 10 fois plus toxique que le gaz sarin.

Selon le NTI (Nuclear Threat Initiative), qui cite des sources israéliennes et allemandes, la Syrie pourrait également détenir la molécule servant à fabriquer l'anthrax, de la toxine botulique et de la ricine.

Pour utiliser ces armes chimiques et biologiques, la Syrie, en outre, dispose d'un important arsenal de missiles balistiques de type Scud, de bombes aériennes et d'obus d'artillerie.

 

La Syrie reste en dehors de la Convention internationale

La Convention internationale sur l'interdiction des armes chimiques (CIAC) en vigueur depuis 1997 interdit le développement, la production, la mise au point, l'acquisition, le stockage, la détention, le transfert et l'usage d'armes chimiques, comme le gaz sarin.

Selon cette Convention, chaque Etat qui détient des armes chimiques et des installations de productions d'armes chimiques doit les déclarer et les détruire selon un calendrier précis. Mais, la Syrie fait partie de ces rares Etats à rester en dehors de la Convention.

Reste à savoir si le régime de Bachar al-Assad osera utiliser de telles armes après les menaces de la communauté internationale...

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