Hollande confirme l'engagement militaire de la France au Mali

Le président François Hollande lors de son allocution sur la situation au Mali, le 11 janvier 2013 à Paris [Philippe Wojazer / AFP]

L'armée malienne a lancé vendredi avec le soutien de la France et de plusieurs pays africains une contre-offensive dans le centre du Mali pour repousser l'avancée des islamistes vers le sud encore sous controle du gouvernement de Bamako.

Les autorités de Bamako ont également décrété l'état d'urgence dans tout le pays, alors que le nord du Mali est depuis début 2012 sous la coupe de groupes armés jihadistes.

Dans une intervention télévisée, le président François Hollande a confirmé l'engagement des forces françaises, dont la présence sur le sol malien avait été révélée peu auparavant par des sources militaires maliennes.

"Le Mali fait face à une agression d'éléments terroristes venant du Nord dont le monde entier sait la brutalité et le fanatisme. Il en va donc aujourd'hui de l'existence même de cet Etat ami, de la sécurité de sa population et celle de nos ressortissants, ils sont 6.000 là-bas", a expliqué le président Hollande.

"J'ai donc au nom de la France répondu à la demande d'aide du président malien, appuyée par les pays africains de l'ouest", soulignant que cette opération "durera le temps nécessaire".

La décision d'intervenir, selon le président Hollande, a été prise vendredi matin "dans le cadre de la légalité internationale", et "en accord avec le président malien Dioncounda Traoré".

Des combattants islamistes le 12 juillet 2012 à Gao, dans le nord-est du Mali [Issouf Sanogo / AFP/Archives]
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Des combattants islamistes le 12 juillet 2012 à Gao, dans le nord-est du Mali
 

M. Traoré, président par intérim, devait s'adresser solennellement à la Nation" dans la soirée "suite à l'évolution de la situation", selon ses services.

Dans l'après-midi, le chef des opérations militaires malien, le colonel Oumar Dao, avait affirmé que des soldats français, sénégalais et nigérians étaient en appui dans la ville de Sévaré (centre).

"D'autres pays amis se sont déjà manifestés et nous les attendons", a ajouté le colonel Dao sans donner de détails.

Dans la soirée, les pays d'Afrique de l'ouest ont officiellement autorisé l'envoi immédiat de troupes.

"Après consultation de ses pairs", le président en exercice de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), la président ivoirien Alassane Ouattara a "décidé d'autoriser l'envoi immédiat des troupes sur le terrain dans le cadre de la MISMA (Force internationale de soutien au Mali) pour aider l'armée malienne à défendre l'intégrité du territoire".

L'armée régulière malienne, avec le soutien de ses alliés, a lancé vendredi une offensive pour reprendre la ville de Konna, près de Mopti (centre), tombée la veille aux mains des islamistes après plusieurs heures d'affrontements. Les islamistes ont affirmé vouloir progresser vers le sud sous contrôle gouvernemental.

La contre-attaque est partie de Sévaré, localité à 70 km au sud de Konna, dotée du plus important aéroport de la région où, selon des témoins, des avions militaires ont atterri jeudi pour débarquer des armes et des soldats étrangers, parmi lesquels figuraient des Blancs.

Au premier jour de cette contre-offensive, la nature exacte du soutien français et ouest-africain reste encore inconnue. Un officier malien joint à Mopti a affirmé que des "appareils militaires de pays amis" participent à l'opération et un témoin a dit avoir vu "deux petits avions tirer sur les islamistes".

Depuis plusieurs mois, des éléments des forces spéciales françaises et des hélicoptères sont positionnés au Burkina Faso voisin, notamment à Ouagadougou.

Alors que la situation militaire était gelée, les combats ont repris cette semaine au Mali, les islamistes s'emparant jeudi de Konna et menaçant de continuer leur offensive vers le Sud.

Paris a demandé vendredi à ses ressortissants "dont la présence n'est pas indispensable" de quitter le Mali.

Des "pertes" humaines dans les deux camps

Des islamistes dans le nord du Mali, en août 2012 [Romaric Hien / AFP/Archives]
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Des islamistes dans le nord du Mali, en août 2012
 

Dans une déclaration unanime, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé jeudi soir un "déploiement rapide" de la force internationale prévue au Mali mais dont l'intervention devait prendre des mois.

Le président malien est par ailleurs attendu mercredi prochain à Paris pour rencontrer M. Hollande, selon une source diplomatique française.

Parallèlement, le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian s'est entretenu par téléphone de la crise avec le secrétaire américain à la Défense Leon Panetta. Il devait contacter en fin de journée ses homologues britannique et allemand.

En avril 2012, le nord du Mali est devenu un sanctuaire pour les groupes islamistes armés dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Abou Dardar, un porte-parole d'Ansar Dine, un des groupes jihadistes, avait affirmé jeudi à l'AFP que les islamistes allaient continuer à progresser vers le Sud, après Konna.

Les combats ont causé des "pertes" en vies humaines dans les deux camps, selon le colonel Oumar Dao, qui n'a pas donné de bilan chiffré.

Depuis plusieurs mois, l'Afrique de l'Ouest a proposé l'envoi, avec l'aval de l'ONU, d'une force armée de plus de 3.330 hommes, que des pays européens, dont la France, ont promis d'aider logistiquement, pour la reconquête du nord du Mali.

Le déploiement de cette force a été approuvé le 20 décembre par le Conseil de sécurité, mais par étapes, sans calendrier précis, et après un dialogue avec des groupes armés respectant certains préalables.

Au Mali, rééunions publiques, rassemblements, manifestations de rues sont interdits. Mercredi, des manifestations avec violences avaient été organisées à Bamako et à Kati (15 km de Bamako) pour réclamer la libération du Nord.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, a jugé que la reprise des affrontements au Mali rendait nécessaire une "accélération de l'engagement international".

 

 

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