Français et Maliens contrôlent Tombouctou

Des soldats maliens à Diabali, le 26 janvier 2013 [Eric Feferberg / AFP] Des soldats maliens à Diabali, le 26 janvier 2013 [Eric Feferberg / AFP]

Les soldats français et maliens ont pris lundi le contrôle des accès et de l'aéroport de la cité mythique de Tombouctou, dans le nord du Mali, occupée par des groupes islamistes armés qui y ont multiplié les exactions et destructions d'un patrimoine historique unique.

Les militaires ont opéré une manoeuvre conjointe, terrestre et aérienne, avec le largage de parachutistes, pour contrôler les accès de Tombouctou, ville-phare de l'islam en Afrique subsaharienne, située à 900 km au nord-est de Bamako, a précisé à Paris le porte-parole de l'état-major des armées françaises.

Français et Maliens contrôlent désormais la "Boucle du Niger", entre les deux principales villes du Nord du Mali, Tombouctou et Gao, au dix-huitième jour de l'intervention militaire française, selon le colonel Thierry Burkhard.

L'aéroport de Gao, au Mali, le 7 août 2012 [Romaric Ollo Hien / AFP/Archives]
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L'aéroport de Gao, au Mali, le 7 août 2012
 

"Nous contrôlons l'aéroport de Tombouctou. Nous n'avons rencontré aucune résistance. Il n'y a aucun problème de sécurité en ville", a confirmé à l'AFP un officier supérieur de l'armée malienne.

L'aéroport se situe à environ 3 km de la ville proprement dite.

Tombouctou, qui a été un grand centre intellectuel de l'islam et une prospère cité caravanière à la lisière du Sahara, est tombée sous le contrôle de groupes armés islamistes qui l'ont défigurée depuis juin 2012, au nom d'une conception rigoriste de la charia (loi islamique).

Un élément d'un groupe de reconnaissance de l'armée malienne a précisé que la ville n'était toutefois pas encore sous contrôle et a fait état de destructions opérées par les groupes armés.

Des soldats maliens à un check-point près de Sévaré, le 27 janvier 2013 [Fred Dufour / AFP]
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Des soldats maliens à un check-point près de Sévaré, le 27 janvier 2013
 

"Les troupes françaises et maliennes ne sont pas encore au centre-ville. Nous avons quelques éléments en ville, peu nombreux. Mais les islamistes ont fait des dégâts avant de partir. Ils ont brûlé des maisons et des manuscrits. Ils ont battu jusqu'au sang les populations qui manifestaient leur joie", a-t-il assuré.

Tombouctou, devenue la capitale intellectuelle et spirituelle de l'islam en Afrique aux XVème et XVIème siècles, est célèbre pour ses dizaines de milliers de manuscrits, dont certains remontent à l'ère pré-islamique.

L'opération sur Tombouctou survient deux jours après la prise, lors d'une offensive éclair de Gao, plus importante ville du nord du Mali et un des bastions des combattants islamistes, à 1.200 km au nord-est de Bamako.

A Tombouctou comme à Gao, d'intenses frappes aériennes ont précédé l'action des troupes au sol.

La reconquête de Gao avait été précédée d'une opération commando de l'armée française sur l'aéroport et un pont stratégique. Et elle avait été suivie de l'arrivée, par voie aérienne, de troupes tchadiennes et nigériennes venues de Niamey pour sécuriser la ville, une opération que l'armée française semble réticente à mener dans les villes reprises aux groupes islamistes armés.

Regards tournés vers Kidal

Des soldats tchadiens et nigériens contrôlaient aussi lundi les villes de Ménaka et Anderamboukane (nord-est), près de la frontière avec le Niger, selon des sources militaires régionales.

Plus de 6.000 soldats ouest-africains et tchadiens doivent à terme être déployés au Mali pour prendre le relais de l'armée française, mais ils n'arrivent qu'au compte-goutte et leur déploiement est ralenti par de sérieux problèmes de financement et de logistique.

A Gao, les premiers témoignages faisaient état d'une liesse populaire: "L'armée malienne a été accueillie dans Gao par des applaudissements et des cris: Vive le Mali ! Vive la France !", a expliqué le lieutenant Adama Coulibaly. Mais des actes de pillage ont aussi été signalés.

La crainte d'actes de vengeance est également présente à Tombouctou, les islamistes y ayant commis comme à Gao de nombreux crimes, au nom de la charia: amputations, lapidations, exécutions...

 
 

"Ils nous chicotaient (frappaient) quand on fumait, quand on écoutait de la musique. On va leur faire payer ce qu'ils nous ont fait. Les chicoter aussi", promettait ainsi ce week-end Amadou, un jeune étudiant de Tombouctou, réfugié à Mopti (centre).

Après Gao et Tombouctou, les regards se tournent désormais vers Kidal, dans l'extrême nord-est malien, non loin de la frontière algérienne, la troisième grande ville du Nord du Mali et le fief des islamistes d'Ansar Dine (Défenseurs de l'islam).

Selon une source de sécurité malienne, les principaux responsables des groupes islamistes armés, Iyad Ag Ghaly, chef d'Ansar Dine et l'Algérien Abou Zeid, l'un des émirs d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), se sont réfugiés dans les montagnes de Kidal, à 1.500 km de Bamako, où des positions islamistes ont été bombardées samedi par des avions français.

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La France en passe de réussir son pari militaire au Mali

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