Tortures en Afghanistan: Karzaï veut des caméras dans les salles d'interrogatoires

Le président afghan Hamid Karzaï, le 16 février 2013 à Kaboul [ / AFP] Le président afghan Hamid Karzaï, le 16 février 2013 à Kaboul [ / AFP]

Le président afghan Hamid Karzaï a ordonné samedi soir que les salles d'interrogatoires soient équipées de caméras afin d'éviter de nouveaux cas de tortures, après plusieurs rapports accablants sur ce sujet.

Une commission d'enquête nommée par ses soins avait reconnu début février que le recours à la torture était répandu au sein des forces de sécurité afghanes - ainsi que chez les soldats de l'Otan -, la moitié des prisonniers interrogés s'étant plaints de "mauvais traitements", "harcèlement" ou "torture".

Un rapport de l'ONU publié en janvier, basé sur un panel bien plus large de détenus, et aux conclusions consternantes pour l'armée mais surtout pour la police et les services de renseignement afghans, était à l'origine de cette commission d'enquête.

"Il est demandé aux autorités pertinentes de doter les agences de renseignement et d'enquête d'équipements modernes utilisés pour établir les preuves et enregistrer les interrogatoires afin d'éliminer tout chance de plainte d'autres parties", selon un décret présidentiel envoyé samedi soir à l'AFP.

L'avocat général devra quant à lui "poursuivre" les éléments tortionnaires des forces de sécurité afghanes, alors que les policiers et les agents du NDS (les services secrets afghans) devront permettre à un suspect de voir son avocat "dès son arrestation", d'après ce décret.

Plus surprenant, les prisonniers "qui ont été acquittés ou qui ont servi leur peine" devront être libérés "dans les deux mois", selon la volonté du chef de l'Etat. De nombreux détenus sont encore incarcérés en Afghanistan dans de telles circonstances, en raison de la faiblesse de l'administration afghane.

D'après le rapport de l'ONU, 326 prisonniers sur 635 interrogés partout dans le pays indiquaient avoir été victimes d'abus, une proportion qui atteignait 76% chez les 105 mineurs interrogés, dont 80 avaient affirmé avoir été torturés.

Quatorze types de tortures y étaient décrits, dont la suspension prolongée, les coups donnés à l'aide de câbles, tuyaux ou autres, les violences sur les parties génitales, les menaces d'exécution ou de viol, les chocs électriques, ou encore le maintien d'individus dans des positions de stress.

Quelque 81 individus emprisonnés à Kandahar (sud) ont même disparus entre septembre 2011 et octobre 2012, selon l'ONU.

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