Costa Rica: les voyages de la présidente à bord d'un jet suspect font scandale

La présidente du Costa Rica Laura Chinchilla,,le 4 mai 2013 à San José [Mandel Ngan / AFP/Archives] La présidente du Costa Rica Laura Chinchilla,,le 4 mai 2013 à San José [Mandel Ngan / AFP/Archives]

Les services de renseignement du Costa-Rica ont admis jeudi avoir failli dans leur mission de protection de la présidente Laura Chinchilla, qui a fait deux voyages internationaux à bord d'un avion mis à sa disposition par un Colombien soupçonné de liens avec des trafiquants de drogue.

Ce scandale a déjà coûté leur poste au puissant ministre de la Communication et au chef des services de renseignement.

"La Direction des renseignements et de la sécurité (DIS) n'a pas été informée. Nous sommes en train de vérifier tout ce qui s'est passé pour déterminer comment a pu se produire un tel manquement", a annoncé le directeur de ces services Mauricio Baraschi à la station de radio ADN.

La présidente a utilisé à deux reprises - en mars pour un voyage officiel à Caracas et le week-end dernier pour un voyage privé au Pérou - un jet mis à sa disposition par Gabriel Morales Fallon, un homme d'affaires colombien soupçonné dans son pays d'être lié à des trafiquants de drogue.

En début de semaine, la presse du Costa Rica a commencé à s'interroger sur ce prêt pour un voyage privé, contraignant le ministre de la Communication Francisco Chacon, un des hommes forts du gouvernement, à admettre mercredi avoir été trompé par ce Colombien qui avait pris contact avec lui sous un faux nom, Gabriel O'Falan.

"Gabriel Morales s'est présenté sous un faux nom avec le projet manifeste de me tromper", a déclaré le ministre en annonçant dans la foulée sa démission du gouvernement.

Dans un communiqué, la présidente a ensuite fait part de sa "vive préoccupation face à cet enchaînement d'erreurs", regrettant que n'aient "pas été effectués les contrôles qui auraient permis de révéler les liens entre cet avion utilisé pour les voyages au Venezuela et au Pérou et une personne soupçonnée d'activités illicites".

De son côté, la DIS a reconnu sa responsabilité, constatant que "les contrôles et filtres" habituels "n'avaient pas été activés". "Si cela avait été le cas, j'aurais empêché le voyage de la présidente" au Pérou, a expliqué M. Baraschi, qui a lui aussi présenté sa démission dans la foulée.

"J'ai accepté le démission de Mauricio Boraschi (...) qui avait sous sa responsabilité la protection de mon intégrité physique et morale", a déclaré la présidente dans un message télévisé jeudi soir.

Selon le quotidien "El Tiempo" de Bogota, M. Morales Fallon est un proche du narcotrafiquant Luis Carlos Ramirez, actuellement emprisonné au Brésil. M. Fallon n'a toutefois jamais été inquiété par la justice et dément tout lien avec les trafiquants de drogue.

L'Etat costaricain ne possède pas d'avion présidentiel. Mme Chinchilla voyage habituellement sur des vols commerciaux ou à bord de jets prêtés par des entreprises ou des notables locaux.

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