Frappes aériennes sur des bastions de Boko Haram

Capture d'écran d'une vidéo parvenue le 13 mai 2013 à l'AFP dans laquelle le chef présumé de Boko Haram Abubakar Shekau revendique des attaques [ / Boko Haram/AFP] Capture d'écran d'une vidéo parvenue le 13 mai 2013 à l'AFP dans laquelle le chef présumé de Boko Haram Abubakar Shekau revendique des attaques [ / Boko Haram/AFP]

L'armée nigériane a annoncé vendredi avoir mené des frappes aériennes et des attaques terrestres contre les bastions de Boko Haram dans le nord-est du pays qui aurait fait dizaines de tués parmi les insurgés islamistes.

C'est un nouveau tournant dans la guerre contre le groupe islamiste que craignent les civils exposés aux affrontements.

"Des frappes aériennes ont lieu depuis mercredi" et se poursuivent vendredi, a déclaré le brigadier général Chris Olukolade, porte-parole des armées, à l'AFP.

"Chacun de leur bastion est attaqué", a-t-il ajouté, précisant que, selon lui, "des dizaines d'insurgés ont probablement été tués".

L'armée nigériane a déployé des soldats aux frontières avec le Cameroun pour empêcher les islamistes de s'enfuir, selon des habitants témoignant ainsi de la stratégie de l'armée nigériane d'encercler les insurgés islamistes.

Des militaires nigérians patrouillent à Baga dans l'état de Borno au Nigeria, le 30 avril 2013 [Pius Utomi Ekpei / AFP/Archives]
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Des militaires nigérians patrouillent à Baga dans l'état de Borno au Nigeria, le 30 avril 2013
 

Sur le terrain, plusieurs milliers de soldats ont été déployés dans les Etats de Borno, Yobe et Adamawa, où l'état d'urgence a été décrété, pour reconquérir des zones tenues par des hommes de Boko Haram.

Beaucoup de civils s'inquiètent, l'armée nigériane ayant été accusée de violation des droits de l'homme dans sa répression de l'insurrection islamiste par le passé.

Il s'agit de l'opération militaire la plus importante contre Boko Haram depuis 2009, quand les soldats avaient envahi Maiduguri, la capitale de l'Etat Borno et QG de la secte. Ils avaient tué plus de 800 personnes, forçant la secte extrémiste à cesser ses activités pendant une année.

A Gamburu Ngala, une ville située à la frontière camerounaise, dans le nord de Borno, des habitants ont rapporté vendredi que des troupes lourdement armées et des chars étaient arrivés mercredi pour fermer des postes-frontières jusque là non gardés.

Les frontières entre le Nigeria et le Cameroun, le Tchad et le Niger sont très poreuses et les criminels et les armes y circulent librement d'un pays à l'autre.

"Depuis janvier, les postes-frontières étaient abandonnés (...) mais maintenant ces postes sont contrôlés par des soldats", a déclaré Haruna Garda, un habitant.

M. Olukolade a confirmé le déploiement de troupes dans cette région mais n'a pas spécifié si des postes frontières avaient été fermés.

Capture d'écran d'une vidéo parvenue le 13 mai 2013 à l'AFP dans laquelle le chef présumé de Boko Haram Abubakar Shekau revendique des attaques [ / Boko Haram/AFP]
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Capture d'écran d'une vidéo parvenue le 13 mai 2013 à l'AFP dans laquelle le chef présumé de Boko Haram Abubakar Shekau revendique des attaques
 

Les premières informations concernant la présence de membres de Boko Haram au Cameroun ont émergé en février, lors de l'enlèvement d'une famille française en vacances dans une réserve animalière camerounaise proche de la frontière nigériane.

L'enlèvement avait été revendiqué par Boko Haram et les sept membres de la famille Moulin-Fournier ont été libérés en avril.

Au cours de son offensive, l'armée en encerclé le village de Krenuwa, dans le district de Marte (dans le nord de Borno), une des zones tombées aux mains de Boko Haram qui en avait chassé les représentants du gouvernement et retiré tous les drapeaux nigérians, selon les habitants.

Abur Kullima a raconté à l'AFP vendredi qu'il avait fui sa maison, à Krenuwa, craignant les affrontements à venir.

Selon lui, après le décret de l'état d'urgence diffusé mardi à la télévision nationale, des islamistes armés ont parcouru le district et essayé de mobiliser les gents "pour se préparer à affronter les troupes nigérianes".

"J'ai eu tellement peur pour ma vie et pour ma famille, c'est ça qui m'a décidé à partir", a-t-il déclaré à l'AFP depuis Gamburu Ngala, où il est hébergé chez un ami.

Tous les habitants qui veulent quitter Krenuwa sont maintenant fouillés par les soldats qui ont encerclé ville, a-t-il rapporté.

 
 

Le groupe islamiste dit se battre pour la création d'un état islamique dans le nord du pays, majoritairement musulman, mais ses revendications ont changé à plusieurs reprises par le passé.

Certains pensent que Boko Haram a noué des liens étroits avec des groupes extrémistes étrangers dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), mais pour plusieurs experts, la secte conserve une vocation nationale.

Le Nigeria est le premier producteur de pétrole d'Afrique mais la majorité de ses 160 millions d'habitants vit avec moins de deux dollars par jour, ce qui, selon certains, nourrit les frustrations d'une jeunesse qui s'est radicalisée au point de rejoindre les insurgés islamistes.

L'insurrection et sa répression par les forces de sécurité, ont fait quelque 3.600 morts depuis 2009, selon Human Rights Watch.

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