Nigeria : des habitants fuient le nord-est

Photo prise le 30 avril 2013 de soldats en patrouille à Baga, au Nigéria [Pius Utomi Ekpei / AFP/Archives] Photo prise le 30 avril 2013 de soldats en patrouille à Baga, au Nigéria [Pius Utomi Ekpei / AFP/Archives]

Des habitants fuyaient leurs villages samedi dans le nord-est du Nigeria, craignant d'être touchés par les combats entre les insurgés islamistes de Boko Haram et l'armée qui a lancé contre eux une vaste offensive ayant déjà fait plusieurs dizaines de morts officiellement.

Cette opération pourrait être la plus importante jamais menée contre le groupe islamiste et c'est la première fois que l'armée a recours à des frappes aériennes sur son propre sol depuis 25 ans.

Le Nigeria a lancé une offensive majeure contre le groupe islamiste cette semaine, déployant plusieurs milliers de soldats dans trois États de cette région, où l'état d'urgence a été décrété pour reconquérir des zones passées sous contrôle des insurgés.

L'armée avait annoncé vendredi avoir tué "plusieurs dizaines" d'insurgés et avoir détruit des camps de "terroristes" et "des armes lourdes, dont des canons anti-aériens et anti-char".

Un hélicoptère militaire a été touché par les insurgés "mais il a pu rentrer à la base sans qu'il y ait de victimes", a déclaré samedi une source militaire sous couvert d'anonymat.

Des habitants de Marte, un des districts contrôlés par Boko Haram, dans le nord de l'Etat de Borno, ont fui en direction de la frontière camerounaise, effrayés par les bruits d'explosions et face aux pénuries sur place.

"C'était effrayant ces trois derniers jours, les avions et les hélicoptères de combat n'ont pas cessé de sillonner le ciel et on entendait d'énormes explosions au loin", a rapporté Buba Yawuri, un habitant du village de Kwalaram, à Marte, qui a trouvé refuge dans la ville frontalière nigériane de Gomboru Ngala.

Photo prise le 30 avril 2013 de soldats patrouillant dans les rues de Maiduguri, au Nigéria [Pius Utomi Ekpei / AFP/Archives]
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Photo prise le 30 avril 2013 de soldats patrouillant dans les rues de Maiduguri, au Nigéria
 

"On nous a demandé de ne pas sortir, les combattants de Boko Haram étaient poursuivis par les soldats, nous n'avions ni eau, ni nourriture, je ne pouvais plus tenir", a-t-il raconté.

M. Yawuri a dû prendre la fuite en cachette, parce que "les soldats n'ont autorisé que les femmes et les enfants à partir".

"On n'arrête pas d'accueillir des gens qui fuient les villages autour de Marte", a rapporté Shafi'u Breima, un habitant de Gomboru Ngala, où l'ambiance reste "tendue" également.

Mais où "il ne se passe rien pour l'instant" malgré "le déploiement massif de l'armée", a précisé ce témoin.

Le réseau de téléphonie mobile ne fonctionne pratiquement plus dans tout l'Etat de Borno, épicentre de l'insurrection islamiste, depuis le décret ayant instauré l'état d'urgence.

Les habitants de Gomboru Ngala peuvent cependant être joints de façon aléatoire via des lignes camerounaises.

Cette région très isolée et faiblement peuplée a des frontières extrêmement poreuses, et les groupes criminels ainsi que les armes y vont et viennent librement depuis des années.

Les postes frontières jusqu'ici inoccupés "ont tous été pris en charge par des agents de la sécurité pour éviter la fuite ou l'infiltration d'insurgés", a déclaré l'armée dans un communiqué.

Dans un communiqué vendredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry s'est dit "profondément préoccupé par les combats dans le nord-est du Nigeria".

Tout en condamnant "dans les termes les plus forts la campagne de terreur de Boko Haram", les Etats-Unis sont également "profondément inquiets face à des allégations jugées crédibles selon lesquelles les forces de sécurité nigérianes violent les droits de l'homme".

L'armée nigériane a été accusée de violations des droits de l'homme pendant les campagnes de répression menées contre Boko Haram, à tel point qu'elle pourrait être condamnée pour crimes contre l'humanité, selon Human Rights Watch (HRW).

L'insurrection de Boko Haram et sa répression par les forces de l'ordre nigérianes ont fait environ 3.600 morts depuis 2009 selon HRW.

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