Tunisie : la presse appréhende le congrès salafiste

Seifeddine Raïs, porte-parole d'Ansar Ashariaa, groupe islamiste radical, le 16 mai 2013 à Tunis [Hosni Manoubi / AFP] Seifeddine Raïs, porte-parole d'Ansar Ashariaa, groupe islamiste radical, le 16 mai 2013 à Tunis [Hosni Manoubi / AFP]

Les journaux tunisiens exprimaient samedi leur crainte de voir le pays entrer dans une spirale de violences entre forces de sécurité et militants salafistes qui veulent tenir dimanche leur congrès malgré son interdiction.

Le quotidien Le Temps s'inquiète ainsi des "40.000 illuminés" qui veulent aller à Kairouan (centre) pour participer au rassemblement du principal mouvement salafiste jihadiste du pays.

Pour ce journal, l'idéologie violente d'Ansar Ashariaa ne fait pas de doute, ses militants "se réservant le paradis et allumant les bûchers de l'enfer pour tous les autres".

"La seule parade possible ne réside qu'en la force des institutions sécuritaires et en le refus de la société tunisienne de ces groupuscules", note Le Temps.

La Presse relève de son côté qu'en décidant de défier l'interdiction du congrès, les salafistes ont démontré qu'ils sont "déterminés à entrer en confrontation avec le pouvoir à un moment où le peuple tunisien tout entier tente de cimenter son union nationale face au terrorisme international".

Le principal quotidien francophone voit dans le rassemblement "une provocation qui sonne comme un appel à la révolte de tous les extrémistes et fauteurs de troubles".

Le bras de fer entre le gouvernement et les groupuscules salafistes, jusqu'alors tolérés, s'est accentué après que les autorités ont reconnu la présence de combattants d'Al-Qaïda en Tunisie.

Les forces de sécurité et l'armée pourchassent depuis fin avril des groupes armés retranchés dans l'ouest du pays, près de l'Algérie.

La semaine dernière, le chef d'Ansar Ashariaa, Saif Allah Bin Hussein dit Abou Iyadh, un vétéran d'Afghanistan ayant combattu avec Al-Qaïda, avait déjà menacé de "guerre" le gouvernement et accusé Ennahda de mener une politique contraire à l'islam.

Emprisonné sous le régime déchu de Zine El Abidine Ben Ali, puis libéré par une amnistie décidée après la révolution de 2011, Abou Iyadh est en fuite depuis l'automne 2012, les autorités le soupçonnant d'être l'organisateur de l'attaque en septembre de l'ambassade américaine à Tunis (quatre morts parmi les assaillants).

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