Flambée de violences en Irak : 72 morts depuis dimanche soir

Des voitures brûlées après un attentat dans le nord de Bagdad, le 20 mai 2013 [Mahmoud al-Samarrai / AFP] Des voitures brûlées après un attentat dans le nord de Bagdad, le 20 mai 2013 [Mahmoud al-Samarrai / AFP]

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a annoncé lundi un changement imminent de sa politique sécuritaire, au moment même où le pays était secoué par une nouvelle vague d'attaques qui a fait 72 morts depuis dimanche soir.

"Nous sommes sur le point de remplacer certaines personnes chargées de la sécurité, à haut niveau et à un niveau intermédiaire, et de changer de stratégie sécuritaire", a martelé M. Maliki lors d'une conférence de presse organisée dans un ancien palais de Saddam Hussein.

M. Maliki a annoncé que des "décisions" seraient prises en ce sens mardi lors du conseil des ministres.

Fustigé par la minorité sunnite, qui lui reproche de la stigmatiser, et par certains partenaires de sa coalition, Nouri al-Maliki a souhaité donner l'image d'un gouvernement uni.

Flanqué de pointures de son gouvernement, dont les ministres de la Défense et de la Justice mais aussi de deux vice-Premiers ministres, M. Maliki a assuré "au peuple irakien que (les insurgés) ne seront pas en mesure de nous replonger dans le conflit confessionnel" des sombres années 2006-2007.

A l'époque, le nombre de victimes des violences dépassait le millier chaque mois. L'envoi de troupes américaines supplémentaires conjugué à la formation des Sahwa (Le réveil, en arabe), une milice sunnite anti-Al-Qaïda, avait permis un déclin notable des attaques à partir de 2007.

 

Flambée de violence

Des Irakiens devant un voiture brûlée après un attentat à la voiture piégée, le 20 mai 2013 à Bassora dans le sud du pays [Ramzi al-Shaban / AFP]
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Des Irakiens devant un voiture brûlée après un attentat à la voiture piégée, le 20 mai 2013 à Bassora dans le sud du pays
 

Mais, ces dernières semaines, le pays connaît une flambée de violence doublée d'une profonde crise politique.

Depuis le début de l'année, les violences ont fait chaque mois plus de 200 morts, avec un pic à plus de 460 en avril, selon un décompte de l'AFP.

Depuis dimanche soir, 72 personnes ont péri dans des attaques.

Lundi, des attentats, commis pour la plupart à l'aide de voitures piégées, ont secoué des quartiers majoritairement chiites de Bagdad.

L'attaque la plus sanglante dans la capitale a fait 12 morts sur un marché. Onze autres personnes ont trouvé la mort dans d'autres attentats.

A Bassora, la grande ville portuaire à majorité chiite du sud du pays, deux attentats à la voiture piégée ont fait 13 morts et 48 blessés, selon le chef des services médicaux municipaux, Riyad Abdelamir.

Près de Samarra, à une centaine de kilomètres au nord de la capitale, un attentat à la voiture piégée visant des pèlerins chiites iraniens a fait 8 victimes. Et, dans la même zone, trois miliciens des Sahwa ont été tués dans deux incidents.

A Mossoul (nord), le propriétaire d'un magasin a été tué dans son échoppe, dimanche soir.

A Al-Anbar, à l'ouest du pays, des heurts ont éclaté entre les forces de sécurité et des hommes armés dans la nuit de dimanche à lundi.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki (c), le 7 mai 2013 [Ahmad al-Rubaye / AFP/Archives]
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Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki (c), le 7 mai 2013
 

Un commando a tenté de libérer des policiers enlevés samedi sur l'autoroute qui relie l'Irak à la Jordanie, a indiqué le lieutenant-colonel de police Majid al-Jlaybaoui à l'AFP. Mais au cours de l'opération, douze otages ont été tués et quatre autres blessés, selon lui.

Lors de deux autres incidents survenus tard dans la soirée de dimanche, des inconnus ont attaqué deux commissariats à Haditha, à environ 210 km au nord-ouest de Bagdad. Douze policiers ont péri dans ces attaques, selon un officier de police et une source médicale.

Outre la situation sécuritaire qui s'y est fortement dégradée, la province d'Al-Anbar s'est érigée en haut lieu de la contestation anti-gouvernementale.

Les protestataires sunnites exigent la démission de M. Maliki, réclamant aussi que les autorités mettent fin à la stigmatisation dont ils s'estiment victimes, au travers notamment de l'utilisation de l'arsenal législatif anti-terroriste à leur encontre.

Le gouvernement a fait quelques concessions, en libérant des prisonniers et en augmentant les salaires des Sahwa, mais le coeur du problème n'a pas été réglé pour autant et les manifestations se poursuivent.

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